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	<title>ANIS Catalyst</title>
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	<description>Acteurs de l’Innovation Numérique et Sociale en Communs en Région Hauts-de-France</description>
	<lastBuildDate>Mon, 17 Jan 2022 10:21:17 +0000</lastBuildDate>
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	<title>ANIS Catalyst</title>
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		<title>L’esprit Catalyse, Coopérer dans l’écosystème des communs, pas si simple</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/actualites/lesprit-catalyse-cooperer-dans-lecosysteme-des-communs-pas-si-simple/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[christianmahieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 08:50:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les différentes initiatives de transformation que nous avons engagées, « associations », lieux, dispositifs d’action collective, toutes, contribuent à cet espace public intermédiaire que nous partageons. Le « nous » demanderait à être précisé. Il ne se limite pas à l’un ou l’autre réseau (de tiers lieux, de l’ESS..), a fortiori à l’une ou l’autre structure formelle présente dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les différentes initiatives de transformation que nous avons engagées, « associations », lieux, dispositifs d’action collective, toutes, contribuent à cet espace public intermédiaire que nous partageons. Le « nous » demanderait à être précisé. Il ne se limite pas à l’un ou l’autre réseau (de tiers lieux, de l’ESS..), a fortiori à l’une ou l’autre structure formelle présente dans notre écosystème local des communs. Disons, que ceux qui mettent les enjeux de la coopération et des communs  au cœur de leurs initiatives devraient s’y reconnaître. C’est le sens, mais aussi l’objectif de la dynamique du collectif Catalyst</p>
<p>C’est ambitieux, mais préciser le cadre de nos coopérations au sein de cet espace est essentiel. Hormis des questions de disponibilité, ces coopérations sont parfois rendues difficiles par des tensions qu’il nous faut aborder.</p>
<p>De fait, c’est ce dont il a été question lors des deux jours de discussion lors des « microRoumics », organisées par Catalyst-Anis, en décembre 2021. Ces discussions ont fait l’objet d’une prise de notes collective enrichie des matériaux élaborés lors de ces deux jours, une frise temporelle et thématique notamment.</p>
<p>Les aspects suivants peuvent être soulignés. Ils marquent les enjeux majeurs de ces coopérations au sein de l’écosystème des communs. Ils traduisent aussi la portée et les limites de ces pratiques collectives de catalyse.</p>
<p><strong>Coopérer sous tensions</strong></p>
<p>A l’occasion des Roumics 2021 nous avons mis les « tensions vécues » au centre de notre réflexion collective. Il s’agit en fait d’une œuvre commune de démocratie économique et politique à mener.</p>
<ul>
<li><strong>Expliciter nos relations et nos modes de gestion en commun : les contraintes et opportunités des structures que nous développons</strong></li>
<li><strong>Mieux comprendre les potentialités et contraintes d’une approche des communs par les ressources et les budgets partagés</strong></li>
<li><strong>Expliciter la référence à la « contribution » qui masque la réalité de nos conditions de rémunération</strong></li>
<li><strong>Coopérer dans notre écosystème des communs mis sous tensions par les marchés, mais plus encore par l’institution publique qui les créent</strong></li>
<li><strong>Conditions pour avancer sur le chemin du commun</strong></li>
</ul>
<p><em>Une argumentation à retrouver dans :  </em><em><a href="https://christianmahieu.lescommuns.org/2022/01/16/lesprit-catalyse-cooperer-dans-lecosysteme-des-communs/">https://christianmahieu.lescommuns.org/2022/01/16/lesprit-catalyse-cooperer-dans-lecosysteme-des-communs/</a></em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Communiqué de presse</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/actualites/communique-de-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ptrendel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Nov 2021 16:54:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les acteurs des communs annoncent aujourd&#8217;hui la mise en oeuvre d&#8217;un plan visant à créer 100 000 postes de contributeurs en Europe sur 10 ans pour investir massivement dans le monde réel. La technologie du réel a aujourd&#8217;hui la maturité suffisante pour permettre un développement inédit et sans limite des échanges à travers l&#8217;écosystème global [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Les acteurs des communs annoncent aujourd&rsquo;hui la mise en oeuvre d&rsquo;un plan visant à créer 100 000 postes de contributeurs en Europe sur 10 ans pour investir massivement dans le monde réel.</strong><br /><br />La technologie du réel a aujourd&rsquo;hui la maturité suffisante pour permettre un développement inédit et sans limite des échanges à travers l&rsquo;écosystème global planétaire. Interagir, commercer, se divertir&#8230; y sont des activités à portée de main de l&rsquo;ensemble de la population à un coût dérisoire. Les technologies du réel permettent d&rsquo;ors et déjà de discuter avec quelqu&rsquo;un, de jouer à un jeu, de produire et d&rsquo;échanger des biens et des compétences avec fluidité. En investissant massivement dans les êtres humains et les formes de vie auxquels ils sont connectés, les acteurs des communs ambitionnent de démultiplier les interactions humaines en les intégrant dans les possibilités infinies du monde physique et réel.<br /><br />Avec les moyens nécessaires, il sera alors possible de repousser les limites du numérique vers une virtualité augmentée, en améliorant les capacités de calcul des machines avec l&rsquo;intelligence collective non artificielle des interactions humaines et de leur environnement : conversation, échange d&rsquo;idée et de point de vue sur la base de nouveaux protocoles garantissant le respect des individus et de leur vie privée, interaction symbiotique avec le vivant dans son intégralité, de la bactérie aux formes de vies les plus élaborées&#8230;<br /><br />L&rsquo;ensemble des technologies en communs (systèmes politiques, solutions techniques, agricoles, urbaines, véhicule, oeuvres et spectacles, jeux, plats et boissons, &#8230;) représentent l&rsquo;avenir de la révolution numérique. Elles existent depuis les débuts de l&rsquo;Internet mobile, l&rsquo;internet tout court et de l&rsquo;humanité. Elles relient de manière libre les choses et les êtres sur des protocoles ouvert et robustes (liberté, confiance, dialogue, consensus). Elles s&rsquo;améliorent sans cesse avec la contribution de chacun. Elles émancipent et unissent dans la vie réelle du quotidien. <br /><br />Pour ces acteurs, « cet investissement est un vote de confiance dans la force de la dynamique du réel et le potentiel des communs européens. » Le groupe se dit « impatient de travailler avec les gouvernements de l&rsquo;UE pour trouver les bonnes personnes et les bons marchés ».</p>
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		<item>
		<title>La justice organisationnelle dans les communs.</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/actualites/la-justice-organisationnelle-dans-les-communs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Anne Kantor]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jun 2021 15:07:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Biens communs]]></category>
		<category><![CDATA[Contribution]]></category>
		<category><![CDATA[Tiers-Lieux]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://anis-catalyst.org/?p=232834</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/actualites/la-justice-organisationnelle-dans-les-communs/">La justice organisationnelle dans les communs.</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_0 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner">Entre novembre et mars, j&rsquo;ai réalisé un stage de psychologie sociale où j&rsquo;ai observé les mécanismes de justice organisationnelle dans le collectif Catalyst. J&rsquo;y ai appris pourquoi certaines personnes se paient moins mal que d&rsquo;autres et j&rsquo;ai pu comprendre l&rsquo;importance des outils numériques dans la valorisation de cette forme de justice.</p>
<p>Okay, mais avant de commencer, c&rsquo;est quoi la psychologie sociale ?  Pour Allport (1954) la « <em>psychologie sociale consiste à essayer de comprendre et d&rsquo;expliquer comment les pensées, sentiments et comportements des individus sont influencés par la présence imaginaire, implicite ou explicite des autres »</em>.  Autrement dit, (et pour résumer très brièvement) c&rsquo;est une branche de la psychologie expérimentale qui cherche à comprendre comment les groupes influencent les individus et vice versa.</p>
<p>Cette science permet d&rsquo;expliquer pourquoi les individus se conforment à ce que dit le groupe, alors qu&rsquo;ils ont bien vu que <a href="https://www.youtube.com/watch?v=TYIh4MkcfJA">la ligne 1 correspond à la ligne témoin ! </a>Ou pourquoi une grande partie des individus vont envoyer des décharges de 450V à un innocent si une<a href="https://www.youtube.com/watch?v=mOUEC5YXV8U"> autorité leur dit de le faire</a>.</p>
<p>Cet article est une version raccourcie (mais non pas simplifiée) de mon rapport de stage.</p>
<h2>Les quatre piliers de la justice organisationnelle.</h2>
<p><span class="s1">La justice organisationnelle a été étudiée lors de trois vagues successives. (Cropanzano, Rupp, Mohler &amp; Schminke, 2001 in Ikram Nasr, El Akremi &amp; Vanderberghe, 2009). </span></p>
<p><span class="s1">Le premier courant a été celui de la <b>justice distributive </b>(Homans, 1961 ; Adams, 1965). Pour Homans (1961), il y a justice distributive quand l’individu est récompensé par une rétribution proportionnelle à son investissement personnel. Plus on travaille, mieux on est rétribué. Selon Homans (1961) quand la justice distributive est respectée, les individus sont plus motivés à consolider leur engagement dans la structure. L&rsquo;auteur précise pourtant qu&rsquo;à l’intérieur d’un même groupe, les individus sont capables d’admettre certaines disparités de rétribution. </span><span class="s1">Adams (1965) dans sa théorie de l’équité, montre que les individus d’un même groupe se comparent aux autres en fonction de certains critères spécifiques comme les compétences, l’effort, l’éducation, les diplômes, les qualifications, l’expérience, l’âge. Les individus peuvent donc admettre que quelqu’un soit mieux rétribué que les autres si son effort ou ses compétences lui semble supérieur aux siennes. Si un individu estime être plus mal rétribué que les autres sans justification, il y aura alors injustice distributive. Cette injustice conduit les individus à un désengagement vis-à-vis du groupe, à une baisse de niveau de performance global, à une augmentation de l’absentéisme et à des retards, voire à des comportements violents envers les autres membres du groupe. Selon l’auteur, rééquilibrer les distributions permettrait de rétablir un sentiment de justice dans le groupe.</span></p>
<p><span class="s1"> La deuxième vague s’est intéressée à la manière dont sont définies <b>les procédures qui régissent la distribution des ressources</b>. Thibault et Walker(1975) sont tous les deux juristes. Ils ont cherché à comprendre pourquoi certains personnes jugées coupables ressentaient leur verdict comme plus juste que d&rsquo;autres. Ils en sont arrivés à faire une distinction entre<span class="Apple-converted-space"> </span>le sentiment de justice amené par le verdict et les processus qui ont mené à l’élaboration du verdict. Pour eux, les individus se sentent plus justement traités s’ils ont une impression de contrôle sur la procédure, c’est-à-dire s’ils ont la capacité de faire entendre leurs arguments lors des débats. Leventhal (1976) s’inspirera de ces travaux pour les adapter aux organisations.</span></p>
<p><span class="s1"> Enfin, la troisième vague s’est intéressée à la <b>justice interactionnelle </b>(Bies &amp; Moag, 1986 ; Bies &amp; Shapiro, 1987). Cette forme de justice est basée à la fois sur l’équité dans le partage des informations et sur des relations humaines considérées comme respectueuses.</span></p>
<p><span class="s2">La justice des informations </span><span class="s1">est la véracité et la pertinence des informations sur lesquelles sont basées les décisions. Bies &amp; Moag (1986) montrent qu’un processus de recrutement était considéré comme plus juste si les candidats avaient l’opportunité de présenter pleinement et complètement les informations relatives à leurs profils et à leurs expériences. Par ailleurs, Bies &amp; Shapiro (1987) ont travaillé<span class="Apple-converted-space">  </span>sur les « causal accounts », soit les éléments extérieurs qui permettent d&rsquo;expliquer le comportement d’un décisionnaire. Ces informations permettent aux individus de réviser leur jugement lorsqu’ils ont une vision plus globale d’une situation particulière. Par exemple, lorsque la baisse d’un salaire a été décidée à la suite d’une baisse de chiffre d’affaires, la décision est perçue comme plus juste. Pour être considérée comme juste, une décision doit donc être en adéquation avec son contexte. </span></p>
<p><span class="s1">Bies &amp; Moag (1986) ont montré que le respect des règles de bienséance, la politesse et l’honnêteté, sont primordiales dans la perception de justice. C’est ce qu’ils appellent </span><span class="s2">la justice interpersonnelle</span><span class="s1">. Ce respect passe, d’une part, par l’attitude de l’interlocuteur (le respect des règles de courtoisie et le respect adressé à l&rsquo;individu), mais aussi dans l’honnêteté des questions posées (le fait de poser des questions sans lien avec l’entretien en cours, par exemple, est vu comme déplacé). </span></p>
<p><span class="s1"> Pour analyser les dynamiques de justice organisationnelle, les trois dimensions doivent être prises en compte : la justice distributive, la justice procédurale et la justice des interactions (Ikram Nasr, et al. 2009). La justice organisationnelle permet les comportements pro-organisationnels. Soit « <i>des conduites volontaires réalisées librement par un individu de manière, à augmenter la performance, l’efficacité d’une organisation, à préserver les normes de l’organisation pour laquelle il travaille dans le but de préserver ou de développer cette organisation</i> ». (Desrumeaux, et al., 2012, p. 63). Ces comportements pro-organisationnels sont motivés par la réciprocité. Quand une personne rend service à une autre, la deuxième va se sentir redevable. Afin de pérenniser la relation, la deuxième personne va fournir un service en retour qui sera à son tour valorisé par la première et ainsi de suite (Ikram Nasr, et al. 2009). Cette séquence d’échanges réciproques va créer un sentiment de soutien mutuel entre les individus et une interdépendance. C’est la théorie de l’échange sociale : « <i>les actes volontaires d’individus motivés par les retours que ces actes sont supposés apporter et qu’ils apportent effectivement</i> ». (Blau, 1964 p. 91 &#8211; 92).</span></p>
<p><span class="s1"> Dans le cadre du collectif Catalyst, les expérimentations sur les rétributions libres sont au coeur de l’organisation, c’est pourquoi je m’arrêterai plus longuement sur la justice distributive et la justice procédurale. </span></p>
<h3><span class="s1">Précisions sur la justice distributive.</span></h3>
<p>La justice distributive <i>« Est en lien avec les conditions de distribution des biens et qui affecte le bien-être des individus membres d’un groupe ou d’une communauté</i> » (Deutsch, 1975 p. 142). Dans les systèmes sociaux où la coopération est possible, Deutsch (1975) définit la justice distributive selon trois principes :<span style="text-decoration: underline"><strong> l’équité, l’égalité et le besoin</strong></span>. Pour cet auteur, la justice distributive n’est pas seulement liée à une proportionnalité entre la rétribution et la participation des acteurs. L’auteur rappelle que de nombreuses valeurs, parfois contradictoires, sont prises en compte dans le calcul d’une rétribution : la proportionnalité de l’investissement, un sentiment d’égalité, les besoins individuels, les capacités, l’effort, la performance finale, qu’il n’y ait ni favoritisme, ni discrimination, que la rétribution corresponde aux lois du marché, qu’elle réponde aux exigences du bien commun, respecte le principe de réciprocité et que personne ne perçoive moins qu’une rétribution minimale. Enfin, une rétribution ne peut pas être considérée comme juste si elle ne suit pas les principes de justice procédurale. Deutsch (1975), définit trois principes de justice distributive en fonction de l’organisation des groupes. Ces trois principes vont définir l’orientation des collectifs.</p>
<p><strong><span class="s1"> La justice distributive basée sur </span></strong><span class="s2"><b>l’équité</b></span><span class="s1"> a pour but de favoriser la productivité. Elle propose de mieux rémunérer les individus les plus aptes à pérenniser et à exploiter la ressource. Les rétributions et les moyens de production sont distribués majoritairement à ceux qui savent le mieux s’en servir, puisqu’ils sont les plus aptes à pérenniser le bien commun pour tous. La redistribution au reste du groupe se fait alors selon des principes d’égalité ou du besoin. Deutsch (1975), note néanmoins qu’afin de pérenniser leurs privilèges, ceux qui contribuent le plus à la ressource peuvent biaiser le système de distribution afin de conserver les moyens de production pour eux-mêmes ce qui peut être dommageable à la fois pour l’économie (puisqu’ils finissent par ne plus contribuer autant) et socialement (puisque l’équité est néfaste au respect mutuel entre ses membres).</span></p>
<p><span class="s1"> La justice distributive basée sur </span><span class="s2"><b>l’égalité</b></span><span class="s1"> a pour but de favoriser la cohésion sociale. Dans cette organisation de la distribution, chaque individu doit se sentir respecté et estimé par les autres membres du groupe. Chaque membre reçoit donc la même chose. </span></p>
<p><span class="s1"> Enfin, la justice distributive basée sur le </span><span class="s2"><b>besoin</b></span><span class="s1"> consiste à allouer les ressources en fonction des besoins individuels de chaque membre du groupe. Le principe sous-jacent étant qu’une personne qui ne peut subvenir à ses propres besoins ne peut satisfaire à son propre bien-être, ce qui peut-être préjudiciable à l’équilibre du groupe puisque cette personne ne pourra plus s’impliquer dans la dynamique collective.</span></p>
<p><span class="s1"> Deutsch (1975) précise néanmoins qu’en pratique, les groupes ne choisissent jamais exclusivement l’un ou l’autre des principes, mais que chaque organisation favorise l’un plus que l’autre. Shapiro (1975) note que le principe d’égalité va primer quand les personnes responsables de la rétribution seront amenées à travailler avec les individus. Ils préfèrent homogénéiser les rétributions pour éviter certaines formes de conflits qui pourraient émerger dans l’organisation. Leventhal (1976) défini quatre étapes qui permettent aux individus d’estimer leur rétribution.</span></p>
<p><span class="s1"> 1 &#8211; </span><span class="s2">La pesée</span><span class="s1"> : l’individu va déterminer quels sont les principes applicables à sa situation et l’importance relative de chaque règle par rapport à l’autre. Les principes sont ceux d’équité, d’égalité et du besoin.<br />
</span><span class="s1">2 &#8211; </span><span class="s2">l’estimation préliminaire</span><span class="s1"> : l’individu estime le montant et le type de rétribution que le contributeur mérite en fonction des principes prédéfinis. Si plusieurs principes sont pris en compte, plusieurs estimations auront lieu en parallèle. Ces estimations sont réalisées automatiquement par des schèmes cognitifs établis.<br />
</span><span class="s1">3 &#8211; </span><span class="s2">La combinaison des règles</span><span class="s1"> : L’individu va alors réaliser un calcul qui correspond à :</span></p>
<p><span class="s1">Le poids du principe d’équité x l’estimation préliminaire du mérite basé sur l’équité<br />
</span><span class="s1">+ Le poids du principe de besoin x l’estimation préliminaire du mérite basé sur le besoin<br />
</span><span class="s1">+ Le poids du principe d’égalité x l’estimation préliminaire du mérite basé sur l’égalité<br />
</span><span class="s1">+ Le poids des autres principes qui peuvent influencer la décision x l’estimation préliminaire du mérite basé sur les autres principes. </span></p>
<p><span class="s1"> Le mérite de la rétribution dépend donc du poids de chaque principe pour le contributeur. Ce calcul doit souvent prendre en compte des règles contradictoires. Par exemple, le principe d’équité peut venir en contradiction du principe du besoin, puisqu’un individu qui contribue peu peut cependant avoir de gros besoins.<br />
</span><span class="s1">4 &#8211; </span><span class="s2">l’évaluation du résulta</span><span class="s1">t : enfin, l’individu va comparer la rétribution qu’il vient de calculer avec ce qu’il pense mériter.</span></p>
<h3><span class="s1">Précisions sur la justice procédurale</span></h3>
<p><span class="s1"> La justice procédurale est définie par Leventhal (1976, p. 18) comme « <i>la perception qu’un individu a de l’impartialité des éléments de procédure qui régulent les processus d’attribution dans un système social</i> ». C’est-à-dire, les règles qui ont défini à la distribution des gratifications financières, des ressources ou des sanctions aux membres du groupe. Pour que ces procédures soient considérées comme justes, elles doivent répondre à six critères. <b>La constance </b>: la règle doit être appliquée à tous de la même manière et être constante dans le temps. Cette règle garantit l’égalité des chances puisqu’elle prévient toute forme de discrimination ou de favoritisme. La <b>suppression les biais : </b>les personnes qui prennent la décision ne doivent pas être à la fois juge et parti. Une personne étant en conflit avec l’un des membres de l’organisation, ne doit pas prendre part aux décisions qui le concernent. Les décisions doivent être prises en se basant sur des <b>informations vraies et vérifiées. </b>La possibilité de<b> faire appel de la décision</b>. C’est-à-dire la possibilité pour les individus d’avoir des voies de recours. Cela permet de pallier aux éventuels manquements ou erreurs de ceux qui ont pris la décision. La<b> légitimité</b> des décisionnaires. Les pairs sont considérés comme plus légitimes à prendre les décisions. Par ailleurs, la représentativité de l’ensemble de la population, ainsi que l’expérience sont des facteurs déterminants dans la légitimité. Enfin, les individus considèrent une règle les concernant plus juste s’ils ont pu participer à son élaboration. <b>L’éthique </b>de la règle : les procédures doivent respecter des règles morales et éthiques déjà établies dans la société.</span></p>
<h2><span class="s1">Matériel utilisé lors du stage. </span></h2>
<p><span class="s1"><b> </b>Deux types d’études ont été réalisées au cours du stage : une première étude quantitative à l’aide d’un questionnaire autoadministré en ligne. Une deuxième étude qualitative a eu lieu à l’aide d’entretiens semi-directifs. </span></p>
<p><span class="s1"><b> </b>Le questionnaire autoadministré créé sous Google Form a été envoyé par mail à la liste de contacts « équipe » de l’ANIS. Soit les contributeurs les plus actifs de l’association qui compte 23 personnes. Huit personnes ont répondu.</span></p>
<p><span class="s1"> L’autoquestionnaire était composé de l’échelle d’évaluation de la justice organisationnelle de Colquitt (2001), validée en français par Steiner &amp; Delaporte (2016). Il s’agit d’une échelle de Lickert sur 5 points et comportant 29 items. L’échelle mesure 4 dimensions de la justice organisationnelle : la justice procédurale (9 items), la justice des informations (7 items), la justice interpersonnelle (5 items) et la justice distributive (7 items). Afin de mieux correspondre à l’organisation horizontale, les questions n’ont pas été orientées autour de « la figure d’autorité », mais autour du « collectif ». </span></p>
<p><span class="s1"> Le questionnaire a ensuite été analysé à l’aide du test t de Student. </span></p>
<p><span class="s1"> Par ailleurs, des entretiens<span class="Apple-converted-space">  </span>semi-directifs ont été menés avec six membres de Catalyst (trois femmes et trois hommes). Les entretiens ont duré entre 20 minutes et 2 heures. Ils se sont tenus en visioconférence (en raison de la crise sanitaire). Les personnes interrogées faisaient partie des contributeurs les plus actifs de l’association ANIS, d’autres contributeurs ont été sollicités, mais n’ont pas donné suite.</span></p>
<h2><span class="s1">Analyse et résultats</span></h2>
<p><span class="s1"><b>Résultats du questionnaire de Colquitt (2001)</b></span></p>
<table class="t1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td class="td1" style="width: 149px" valign="top"><span class="s1"><b>Variables</b></span></td>
<td class="td2" style="width: 22px" valign="top"><span class="s1"><b>N</b></span></td>
<td class="td3" style="width: 83px" valign="top"><span class="s1"><b>Moyenne</b></span></td>
<td class="td4" style="width: 65px" valign="top"><span class="s1"><b>Ecart-type</b></span></td>
<td class="td3" style="width: 74px" valign="top"><span class="s1"><b>Min-Max</b></span></td>
<td class="td5" style="width: 22.5625px" valign="top"><span class="s1"><b>Ddl</b></span></td>
<td class="td6" style="width: 89px" valign="top"><span class="s1"><b>T- de student</b></span></td>
<td class="td7" style="width: 88px" valign="top"><span class="s1"><b>Shapiro-Wilk</b></span></td>
</tr>
<tr>
<td class="td8" style="width: 149px" valign="top"><span class="s1">Justice procédurale</span></td>
<td class="td9" style="width: 22px" valign="top"><span class="s1">8</span></td>
<td class="td10" style="width: 83px" valign="top"><span class="s1">3,76 ***</span></td>
<td class="td11" style="width: 65px" valign="top"><span class="s1">0,311</span></td>
<td class="td10" style="width: 74px" valign="top"><span class="s1">3,22 ; 4,11</span></td>
<td class="td12" style="width: 22.5625px" valign="top"><span class="s1">7</span></td>
<td class="td13" style="width: 89px" valign="top"><span class="s1">34,2 ***</span></td>
<td class="td14" style="width: 88px" valign="top"><span class="s1">0,930</span></td>
</tr>
<tr>
<td class="td15" style="width: 149px" valign="top"><span class="s1">Justice distributive</span></td>
<td class="td16" style="width: 22px" valign="top"><span class="s1">8</span></td>
<td class="td17" style="width: 83px" valign="top"><span class="s1">4,22 ***</span></td>
<td class="td18" style="width: 65px" valign="top"><span class="s1">0,483</span></td>
<td class="td17" style="width: 74px" valign="top"><span class="s1">3,74 ; 4,98</span></td>
<td class="td19" style="width: 22.5625px" valign="top"><span class="s1">7</span></td>
<td class="td20" style="width: 89px" valign="top"><span class="s1">24,7 ***</span></td>
<td class="td21" style="width: 88px" valign="top"><span class="s1">0,859</span></td>
</tr>
<tr>
<td class="td22" style="width: 149px" valign="top"><span class="s1">Justice informationnelle</span></td>
<td class="td23" style="width: 22px" valign="top"><span class="s1">8</span></td>
<td class="td24" style="width: 83px" valign="top"><span class="s1">3,98 ***</span></td>
<td class="td25" style="width: 65px" valign="top"><span class="s1">0,742</span></td>
<td class="td24" style="width: 74px" valign="top"><span class="s1">2,71 ; 5</span></td>
<td class="td26" style="width: 22.5625px" valign="top"><span class="s1">7</span></td>
<td class="td27" style="width: 89px" valign="top"><span class="s1">32,7 ***</span></td>
<td class="td28" style="width: 88px" valign="top"><span class="s1">0,979</span></td>
</tr>
<tr>
<td class="td29" style="width: 149px" valign="top"><span class="s1">Justice interpersonnelle</span></td>
<td class="td30" style="width: 22px" valign="top"><span class="s1">8</span></td>
<td class="td31" style="width: 83px" valign="top"><span class="s1">4,69 ***</span></td>
<td class="td32" style="width: 65px" valign="top"><span class="s1">0,449</span></td>
<td class="td31" style="width: 74px" valign="top"><span class="s1">3,83 ; 5</span></td>
<td class="td33" style="width: 22.5625px" valign="top"><span class="s1">7</span></td>
<td class="td34" style="width: 89px" valign="top"><span class="s1">29,5 ***</span></td>
<td class="td35" style="width: 88px" valign="top"><span class="s1">0,761</span></td>
</tr>
<tr>
<td class="td36" style="width: 149px" valign="top"><span class="s1">Justice interactionnelle</span></td>
<td class="td37" style="width: 22px" valign="top"><span class="s1">8</span></td>
<td class="td38" style="width: 83px" valign="top"><span class="s1">4,45 ***</span></td>
<td class="td39" style="width: 65px" valign="top"><span class="s1">0,386</span></td>
<td class="td38" style="width: 74px" valign="top"><span class="s1">3,91 ; 4,94</span></td>
<td class="td40" style="width: 22.5625px" valign="top"><span class="s1">7</span></td>
<td class="td41" style="width: 89px" valign="top"><span class="s1">15,2 ***</span></td>
<td class="td42" style="width: 88px" valign="top"><span class="s1">0,948</span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><span class="s1">*** Variable significative à p &lt; .001 au test t de Student. </span></p>
<p><span class="s1">Les moyennes de justice interpersonnelle et informationnelle ont été confondues afin de créer la moyenne de la justice interactionnelle. </span></p>
<p><span class="s1"> Par ailleurs, il est important de noter que l’échantillon ne suit pas une distribution normale. (Justice procédurale : w = 0,930 avec p = 0,517 ; Justice distributive : w = 0,859 avec p = 0,117 ; Justice des informations : w = 0,979 avec p = 0,960). Seule la justice interpersonnelle suit une loi normale ( w = 0,761 et p = 0,011.)</span></p>
<h2><b>Discussion sur les pratiques de justice organisationnelle </b></h2>
<h3><span class="s1">A propos de la justice distributive<b> </b></span></h3>
<p><span class="s1"> La justice distributive est observée parmi les contributeurs de Catalyst (moyenne = 4,22 ; t de student = 24,7 ; ddl = 7 ; p &lt; 0,001). Ces résultats s’expliquent par le fait que les contributeurs eux-mêmes attribuent la valeur de leur rétribution et facturent le montant à l’association. Cette attribution se fait en suivant la théorie d’équité d’Adams (1965) et en réalisant le calcul de leur mérite selon Leventhal (1976)</span></p>
<p><span class="s1"> Le tableau des rétributions ou le logiciel LOOT permettent à chaque contributeur de se conformer à la théorie de l’équité d’Adams (1965) en comparant la rémunération qu&rsquo;il souhaite prendre par rapport à celles des autres. Ainsi, avant de définir sa rétribution, les contributeurs vont comparer le montant de leur rétribution et l&rsquo;ajuster à la hausse ou à la baisse en fonction. </span><span class="s1"> Une contributrice : « <i>J’ai une facilité de lecture par rapport au budget pour voir ce que je peux prendre ou ne pas prendre. (…) J’ai une lecture des enjeux collectifs.»<br />
</i></span>Le tableau des rétributions est aussi une sorte de validation collective :<br />
<span class="s1">Une autre contributrice :<i> « ça demande du courage d’aller afficher devant tout le monde qui a pris combien. » </i></span></p>
<p><span class="s1"> Le calcul de la rémunération se fait individuellement, pour chaque contributeur, selon le modèle de Leventhal (1976) entre les différentes dimensions d’équité, d’égalité et du besoin en rajoutant parfois d’autres règles (comme un principe qui cherche à valoriser le modèle contributif).<br />
</span><span class="s1">Le poids du principe d’équité x l’estimation préliminaire du mérite basé sur l’équité<br />
</span><span class="s1">+ Le poids du principe de besoin x l’estimation préliminaire du mérite basé sur le besoin<br />
</span><span class="s1">+ Le poids du principe d’égalité x l’estimation préliminaire du mérite basé sur l’égalité<br />
</span><span class="s1">+ Le poids des autres principes qui peuvent influencer la décision x l’estimation préliminaire du mérite basé sur les autres principes.</span></p>
<p><span class="s1"> Dans le collectif Catalyst, c’est avant tout le principe d’égalité qui prime, puisque les contributeurs cherchent à valoriser la cohésion sociale (Shapiro, 1976) et la pérennisation du collectif.<i> </i>Une contributrice note d’ailleurs : <i>« on voit surtout des gens qui y passent beaucoup de temps et qui ne se payent pas. » </i>Une autre contributrice :<i> « Je n’ai jamais cherché à questionner les faiblesses des montants parce que ça me semblait normal de rester proche des modèles associatifs. »</i></span></p>
<p>Le principe du mérite, ou de l’équité, ressort ensuite. Il permet, d’une part de valoriser le travail fourni, mais aussi de pérenniser la ressource commune dans le temps.</p>
<ul>
<li><span class="s1">Une contributrice : « <i>Je mets à disposition mon temps de cerveau, mes compétences professionnelles. La rétribution, c’est un échange de bons procédés pour garantir une implication dans le temps. </i>» </span></li>
<li><span class="s1">Une autre contributrice : «<i> Pour moi, le travail a une valeur et la rétribution est une manière de donner de la valeur au travail associatif. Et je ne crois pas du tout au bénévolat (…) ça a ses limites : l’épuisement des bénévoles. »</i></span></li>
<li><span class="s1">Une troisième contributrice : <i>« quand tu es bénévole, tu ne t’impliques pas à fond »</i></span></li>
</ul>
<p><span class="s1"> Néanmoins, les membres du collectif ne sont pas tous égaux par rapport à l’évaluation de leur rétribution. Pour certains, le calcul est très facile. <i>« J’arrive très bien à mettre une valeur sur ce que je touche. Ça ne me pose pas de problème. » </i>Alors que d’autres ont parfois du mal à évaluer quel principe méritocratique prévaut sur les autres (la pénibilité, les compétences, l’expérience, etc.). Souvent, le calcul se fait autour de la pénibilité. <i>« Si je me suis forcée à le faire, je prends plus d’argent. Mais du coup, si tu prends plaisir à faire quelque chose, ça ne mériterait pas d’argent ? Ces questions-là sont très intéressantes. »</i></span></p>
<p><span class="s1"> D’autres contributeurs ne prennent jamais de rétribution. Pour eux, la rétribution est idéologique « <i>La rétribution c’est la discussion, l’ouverture d’esprit, de pouvoir croiser des gens avec qui ont peut discuter de ces sujets-là. </i>» Ils considèrent avoir suffisamment de moyens financiers par ailleurs pour ne pas avoir à en prendre dans le collectif. Ces contributeurs suivent donc le principe du besoin. <i>« Ni rémunéré ni rétribué. Ni le besoin ni la nécessité de prendre une rétribution. » </i>« <i>Je suis payé par ailleurs, donc ça me va [ndlr : de ne pas prendre de rétribution]. C’est ma liberté. » </i></span></p>
<p><span class="s1"><i> </i>Une contributrice est contre cette vision, elle considère que pour prouver que le modèle contributif est véritablement viable, chaque contributeur doit toucher une rétribution. Dans son calcul de rétribution, elle ajoute donc une règle supplémentaire : démontrer l’efficacité du modèle contributif <i>: «Ne pas en prendre, c’est aller à l’encontre de ce qu’on cherche à démontrer. (…) ça ne nourrit pas l’expérimentation, ça montre qu’il y a un problème. Pour moi, le travail a une valeur et la rétribution est une manière de donner de la valeur au travail associatif.»</i></span></p>
<p><span class="s1"> Enfin, pour plusieurs contributeurs, le collectif Catalyst ne peut pas être leur seule source de revenus. Ils se sentiraient alors obligés ou contraints de faire certaines tâches qui ne correspondent pas à leur modèle.<i>« si ton revenu dépend de ça, le projet perd de son charme ».</i></span></p>
<p><span class="s1">Une autre contributrice : <b><i>« </i></b><i>Pour trouver un équilibre financier, je passe plus de temps en contribution qu’en presta. Mais la presta apporte plus d’argent. Même si chacun a son modèle. Ce qui amène une vision de liberté. »</i></span></p>
<h3><span class="s1">A propos de la justice procédurale </span></h3>
<p><span class="s1"> Il existe bien un sentiment de justice procédurale parmi les contributeurs du collectif Catalyst ( moyenne = 3,76 ; t de Student = 34,2 ; ddl = 7 ; p &lt; 0,001 ). Qu’il s’agisse des discussions sur la rétribution ou sur la répartition des tâches, tous les membres du collectif sont associés aux décisions, tant qu’ils souhaitent y participer. Soit lors des temps contributifs ouverts à tous, soit par les listes de mail, soit lors des votes en ligne. </span></p>
<p><span class="s1"> Cette prise de décision collective permet donc la légitimité de la décision (Leventhal, 1976). Pour qu’un sujet soit discuté, il doit être mis à l’ordre du jour du temps contributif. Or lors de mon stage, j’ai pu observer que ce sont souvent les soucieux, les porteurs de projets, qui ajoutent leurs sujets à l’ordre du jour afin d’avoir une validation collective. Par ailleurs, le temps étant ouvert à tous, chacun est considéré comme légitime pour participer. Dans les réponses à l’échelle de Colquitt (2001) les membres du collectif ont une perception positive de leur influence sur la prise de décision (moy = 4,125) et ils sont satisfaits de la manière dont sont prises les décisions (moy = 4).</span></p>
<p><span class="s1">Le temps contributif permet surtout la gestion courante du collectif : une contributrice : <i>« il y a un besoin de validation parce que tu fais les choses au nom du groupe pour t’assurer que tout le monde est okay. » </i>Elle ajoute également que pour faire avancer les projets, les décisions sont prises avec les personnes présentes :<i> « Les décisions sont prises qu’on soit trois ou dix. »</i></span></p>
<p><span class="s1"><i> </i>Néanmoins, il est toujours possible de faire appel de la décision, ce qui participe également de la justice procédurale (Leventhal, 1976). Une contributrice « <i>S’il y a un vrai enjeu, la question est réouverte</i>. L<i>es gens savent que sur certaines décisions importantes, on vote en ligne.</i> »</span></p>
<p><span class="s1">La suppression des biais se fait par le partage d’informations (cf. : section sur la justice informationnelle), et la justice interpersonnelle (cf. : section sur la justice interpersonnelle). En effet, puisque toutes les informations sont partagées par le collectif, notamment les questions financières et le tableau des rétributions, les contributeurs connaissent les ressources disponibles. De plus, puisqu’il y a toujours plusieurs contributeurs en charge des « ressources vitales » de l’association ANIS (l’association est gérée par un collège de présidents), personne ne peut vraiment détenir des informations gardées secrètes aux autres. </span></p>
<p><span class="s1">La constance de la décision (Leventhal (1976)<span class="Apple-converted-space">  </span>est la variable qui obtient le résultat le plus bas (moy = 2,75). Cela peut s’expliquer par l’organisation même du collectif. En effet, puisque les groupes de travail changent souvent, l’organisation du groupe évolue avec les personnes qui le constituent. Les règles ne peuvent donc pas être constantes puisqu’elles dépendent de l’organisation et des décisions prises par les personnes présentent dans le groupe à l’instant T. Ce qui peut, d’ailleurs être compliqué, voire contre-productif. <i>« ça prend toujours plus de temps que prévu. (…) Il y a toujours des problèmes à cause du collectif. »</i> Une autre contributrice <i>« Comme on n’est pas très carrés, il y a aussi des choses qu’on a dû refaire. </i>»</span></p>
<p><span class="s1">Les questions de gouvernance sont constamment remises en question au sein du collectif et la théorie des communs permet de maintenir une orientation. Cette vision correspond aux suggestions d’Ostrom (1992 ; 2009) qui précise que la gouvernance d’un commun doit constamment s’adapter aux réalités de terrain. Un contributeur <i>« Les communs permettent de concilier. Ça n’est plus des dualités, c’est de l’interdépendance et c’est plus intéressant. C’est une idéologie qui donne un cap comportemental, si on doit tous prendre soin d’une ressource, ça induit qu’on doit adopter un certain comportement. » </i>Dans cette optique, l’organisation n’est donc pas unique, elle est multipolaire : chacun agit avec ses propres méthodologies, ses propres techniques et ses connaissances, mais en gardant à l’esprit le bien commun.</span></p>
<p><span class="s1"><i> </i>Si cette forme de gouvernance permet donc une justice procédurale, elle est néanmoins très complexe à mettre en oeuvre <i>« L’autogestion est extrêmement normative : il faut extrêmement de règles pour qu’il n’y en ait pas. </i>»</span></p>
<h3><span class="s1">A propos de la justice interactionnelle </span></h3>
<p><span class="s1"> La moyenne de justice interactionnelle est élevée : moyenne = 4,45 ; t de student = 32,7 ; ddl = 7 ; p &lt; 0,001, comme supposé dans l’hypothèse n°3.</span></p>
<h4><span class="s5">A propos de la justice des informations</span></h4>
<p><span class="s1"> (moyenne = 3,98 ; t de student = 15,2 ; ddl = 7 ; p &lt; 0,001) définie Bies &amp; Moag (1986), est la véracité et la pertinence des informations sur lesquelles sont basées les décisions. Tous les contributeurs ont accès à toutes les informations nécessaires sur le Google Drive partagé, au Journal de Julien, et aux listes d’emails. Ils ont même accès au compte en banque. Le problème est plutôt inverse : le surplus perd les contributeurs, même les plus aguerris, sous une montagne d’informations ce qui leur fait souvent perdre du temps. Soit pour retrouver l’information qu’ils cherchent, soit pour contacter la personne en charge du sujet.</span></p>
<h4><span class="s5">A propos de la justice interpersonnelle</span></h4>
<p><span class="s1"> Bies &amp; Moag (1986) ont montré que le respect des règles de bienséance, la politesse et l’honnêteté est primordial dans la perception de justice. La justice interpersonnelle est observée dans le collectif Catalyst et obtient une moyenne élevée (moyenne = 4,69 ; t de student = 29,5 ; ddl = 7 ; p &lt; 0,001).</span></p>
<p><span class="s1"> Faire partie du collectif est l’une des motivations principales des contributeurs.</span></p>
<ul class="ul1">
<li class="li3"><span class="s1">Un contributeur : <i>« J’ai le sentiment d’avoir ce luxe, de ne travailler qu’avec des gens qui m’intéressent, et que dans des contextes ou il n’y a pas d’enjeu de pouvoir. Même s’il y a quelques moments de frictions compréhensibles», </i></span></li>
<li class="li3"><span class="s1">Un autre contributeur :<i> « Le jour où l’ambiance est moins drôle, il n y’aura plus aucun intérêt. »</i></span></li>
<li class="li3"><span class="s1">Une contributrice : <i>« Dans le collectif, il y a plein de gens intéressants : c’est stimulant de travailler avec ces gens là. »</i></span></li>
</ul>
<p><span class="s1"><i> </i>Certains contributeurs remarquent également que ce collectif leur est bénéfique à titre professionnel en étant une source d’apprentissage <i>«en fait Catalyst me permet de prendre du recul sur mes compétences et de les consolider.</i> » </span></p>
<ul class="ul1">
<li class="li3"><span class="s1">Un contributeur : « <i>j’ai pu découvrir des process pour réfléchir ensemble, l’intelligence collective, la facilitation</i> ».</span></li>
</ul>
<p><span class="s1"><i> </i>La bienveillance est très ancrée dans les pratiques du collectif, ce qui peut expliquer ce sentiment de justice interpersonnelle :<i> </i>une contributrice :<i> « (…) J’ai moins peur de me lancer, les gens sont bienveillants : il y a un droit à l’erreur.</i> »</span></p>
<p><span class="s1"> Néanmoins, plusieurs contributrices notent qu’une gestion des ressources humaines horizontale est un exercice exigeant :</span></p>
<ul class="ul1">
<li class="li3"><span class="s1">Une contributrice : « <i>Ça nécessite des compétences spécifiques, de demander à des gens qui ne sont pas tes subordonnés, de faire des choses. Ce sont des softs skills. En termes de gestion humaine, ça n’est pas évident</i> ».</span></li>
</ul>
<ul class="ul1">
<li class="li3"><span class="s1">Une autre contributrice : «<i> pour être à l’aise sur un sujet, il faut avoir des compétences, et tout le monde ne les a pas. Si tu n’as pas les compétences qui vont bien, c’est laborieux et couteux pour l’individu et pour l’association.</i> » </span></li>
<li class="li3"><span class="s1">Une contributrice : « <i>on n’ose pas fixer d’objectifs aux gens, on n’ose pas dire les choses, on n’ose pas dire non. </i>»</span></li>
</ul>
<p><span class="s1">Catalyst n’est jamais la seule source de revenus des contributeurs, mais c’est une porte d’entrée vers d’autres opportunités. Le collectif permet, d’une part de faire partie d’un réseau : une contributrice : « <i>Catalyst a été un tremplin qui m’a permis d’atterrir à d’autres endroits»</i> (ndlr : dans d’autres associations ou d’autres modèles contributifs). Le collectif permet, par ailleurs, de valoriser des compétences. C’est notamment le cas de plusieurs contributeurs qui ont créé une entreprise en se basant sur ce qu’ils ont acquis dans le collectif : une autre contributrice <i>« L’ambition était de tirer le même fil de sens que Anis/Catalyst, mais en version professionnelle, rémunérée, à temps plein &#8230; et plus carré ».</i></span></p>
<p><div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'><p><strong>Même s’ils n’ont pas été mesurés lors de cette étude, de nombreux contributeurs témoignent de comportements pro-organisationnels, notamment par la prise d’initiative : Une contributrice : « On peut tester de nouveaux modes d’organisation, il n’y a pas trop de risques si on se plante, ça ne met pas les gens dans le besoin ». Un contributeur : « Ils étaient déjà motivés par le projet, avant que ça commence (…) l’impulsion est venue naturellement (…)  ça venait de tout le monde. » Une autre contributrice : « Catalyst c’est un vrai laboratoire qui permet d’expérimenter les choses jusqu’au concret : tu expérimentes tous les aspects de la vie associative.  Il faut néanmoins rappeler que l’aspect politique du collectif est très ancré dans les projets, ce qui est, là aussi, l’une des sources de motivations des contributeurs.</strong></p>
<p><strong>Pourtant, ces comportements pro-organisationnels peuvent conduire à une forme de culpabilité voire d’épuisement pour certains contributeurs. Notamment parce qu’ils se surengagent dans le collectif. C’est d’ailleurs ce qu’exprime une contributrice : « J’ai eu une petite culpabilité au début [ndlr : de ne pas participer au temps collectif], et elle fond comme neige au soleil. (…) Je n’arrive pas à m’impliquer dans d’autres projets. Je suis arrivée à saturation. ».</strong></p></div></div></p>
<h2>En conclusion.</h2>
<p class="p1"><span class="s1">Ce travail a montré que le modèle contributif du collectif Catalyst permettait d’observer la justice organisationnelle. Il comporte néanmoins quelques insuffisances. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> La faiblesse de l’échantillon ne permet pas d’avoir des résultats significatifs. Les coefficients Shapiro Wilk sont trop élevés et ne permettent pas de rejeter l’hypothèse nulle H0 (Justice procédurale : w = 0,930 avec p = 0,517 ; Justice distributive : w = 0,859 avec p = 0,117 ; Justice des informations : w = 0,979 avec p = 0,960). Parmi toutes ces données, seule la justice personnelle suit une loi normale : w = 0,761 et p = 0,011. Par ailleurs, les données ne permettent pas d’établir de corrélation entre les différentes formes de justice organisationnelle ce qui devrait pourtant être le cas.</span></p>
<p><span class="s1">Dubet (2008) met en parallèle le manque de reconnaissance et l’injustice. Ces injustices peuvent être liées à une défaillance dans le principe d’égalité (nous sommes tous censés être égaux dans la société, l’injustice vient du fait que cette égalité ne soit pas respectée). Une injustice liée à une défaillance du principe méritocratique : le mérite est « <i>une fiction nécessaire pour une reconnaissance sociale </i>» (p. 152) parce qu’il valorise la participation sociale, mais ce principe exige de se mettre d’accord sur les principes méritocratiques à valoriser. Vaut-il mieux valoriser le mérite d’un chef d’entreprise qui prend des risques pour son entreprise ou un ouvrier qui se réveille aux aurores pour exercer un métier physique ? Et enfin, une injustice liée à l’aliénation de l’individu dans un groupe qui chercherait à le conformer à ses critères. Le travail est un mode de réalisation de soi. Or si le travail devient aliénant, il ne permet plus à l’individu d’être autonome, créatif et de se réaliser selon sa singularité. Dubet (2008) note que chacun d’entre nous est multiple et qu’il doit chaque jour gérer des principes et des logiques différentes. Or, on peut se demander si le modèle de rétribution libre ne serait pas un moyen pour chacun de définir à un instant T sur quels critères, définis à la fois individuellement et collectivement, il souhaite être reconnu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Remerciements multiples</h4>
<p><div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'><strong>À Claire-Marie, pour m’avoir fait découvrir ce nouveau champ de possibles. </strong></p>
<p><strong>À Christian, pour sa curiosité débordante.</strong></p>
<p><strong>À Pierre, pour les méta-analyses. </strong></p>
<p><strong>À Hélène et Séverine, pour leurs énergies. </strong></p>
<p><strong>Et au collectif Catalyst pour toutes les questions qu’il reste à explorer</strong>.</div></div></p>
<p>&nbsp;</div>
			</div>
			</div>
				
				
				
				
			</div>
				
				
			</div></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>2021 &#8211; 2022 : Kpa-Cité étend ses perspectives.</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/actualites/2021-2022-kpa-cite-etend-ses-perspectives/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Anne Kantor]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 14:15:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[KPA-cité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://anis-catalyst.org/?p=232827</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le programme Kpa-Cité qui avait connu un bel envol a rencontré des difficultés en 2020. Il connaît aujourd’hui un nouvel essor. 17 dispositifs Kpa-Cité sont en cours d’installations. Initié sur le territoire de la MEL et porté par Anis, le programme essaime dans plusieurs régions françaises et prend désormais son autonomie, tant pour ses dispositifs [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400">Le programme <a href="https://kpacite.initiative.place/">Kpa-Cité</a> </span><span style="font-weight: 400">qui avait connu un bel envol a rencontré des difficultés en 2020. Il connaît aujourd’hui un nouvel essor. 17 dispositifs Kpa-Cité sont en cours d’installations. Initié sur le territoire de la MEL et porté par Anis, le programme essaime dans plusieurs régions françaises et prend désormais son autonomie, tant pour ses dispositifs locaux que sa coordination transverse.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Les contextes de développement de ce dispositif se sont diversifiés. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Les Kpa-Cité locales sont souvent associées à des actions « politiques de la ville », à des programmes prônant l’inclusion sociale (par ex. Appel 100% Inclusion).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Elles se développent dans les territoires en lien avec les porteurs de ces politiques en s’appuyant sur les potentialités que représentent les CAE (Coopératives d’Activité et d’Emploi) pour assurer un débouché sur la rémunération et l’emploi.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Dans plusieurs cas, elles le font en relais de démarches locales d’implantation du programme TZCLD (Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée) et parfois en préfiguration des EBE (entreprises à but d’emploi) sur lesquelles s’appuient les projets TZCLD.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Ces dispositifs montrent leurs capacités à répondre aux potentialités de développement socioéconomique des territoires en ouvrant des espaces de créations d’activités économiques porteuses de sens qui sont autant d’espaces d’utilités sociales, d’expérimentation et de formation.</span></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le budget contributif en pratique : fonctionnement et premiers constats au sein d’ANIS-Catalyst</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/imaginaire-communs/le-budget-contributif-en-pratique-fonctionnement-et-premiers-constats-au-sein-danis-catalyst/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[heleneflodrops]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2021 13:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Imaginaire Communs]]></category>
		<category><![CDATA[Contribution]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De la création de l’association en 2001 jusqu’en 2017, l’ANIS employait une salariée et fonctionnait grâce au soutien d’une équipe de bénévoles, en particulier lors de l’organisation de son temps fort annuel, les ROUMICS. A partir de 2017, au vu des liens de plus en plus étroits avec le collectif Catalyst, de l’évolution du positionnement [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/imaginaire-communs/le-budget-contributif-en-pratique-fonctionnement-et-premiers-constats-au-sein-danis-catalyst/">Le budget contributif en pratique : fonctionnement et premiers constats au sein d’ANIS-Catalyst</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400">De la création de l’association en 2001 jusqu’en 2017, l’ANIS employait une salariée et fonctionnait grâce au soutien d’une équipe de bénévoles, en particulier lors de l’organisation de son temps fort annuel, les ROUMICS. A partir de 2017, au vu des liens de plus en plus étroits avec le collectif Catalyst, de l’évolution du positionnement d’ANIS, de sa gouvernance et du basculement vers une organisation ouverte et collaborative, </span><b>la structure décide d’expérimenter le budget contributif</b><span style="font-weight: 400">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400"> L’objectif est notamment de </span><b>valoriser et pérenniser les contributions</b><span style="font-weight: 400"> jusqu’alors non rémunérées, et donc de sortir de la dichotomie salariés / bénévoles. </span><b>La mise en place a été progressive</b><span style="font-weight: 400"> : le budget contributif a d’abord concerné certains projets (l’organisation des ROUMICS en 2015 par exemple) pour s’étendre progressivement à l’ensemble du budget de la structure. (NBP : pour plus de détails sur l’évolution de la gouvernance au sein d’ANIS et le passage au modèle contributif voir l’article de Pierre Trendel – Imaginaire Communs, Cahier Catalyst 1 ).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Depuis 2017, la totalité de la gestion de l’association (coordinations de projet, suivi administratif, comptabilité, communication etc.) est assurée par une équipe de contributeurs qui peuvent choisir de s’autorémunérer pour les tâches effectuées grâce au budget contributif. </span></p>
<h2><b>Qu’est-ce qu’un budget contributif et comment fonctionne-t-il ?</b></h2>
<p><b>Un budget contributif est un outil de rétribution qui permet à un collectif de s’autogérer financièrement de façon transparente et démocratique.</b><span style="font-weight: 400">  C’est un élément clé de l’économie des communs qui permet de créer une troisième voie entre le statut de salarié.e et celui de bénévole.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Concrètement, le collectif dispose d’une enveloppe financière pour réaliser un projet, chaque membre réalise une partie des tâches et vient ensuite déterminer (a posteriori) la rémunération qu’il/elle souhaite se voir attribuer pour le travail effectué.</span></p>
<p><b>La personne qui contribue détermine ainsi seule sa rémunération fonction de différents critères liés à :</b></p>
<p><span style="font-weight: 400">&#8211; </span><b>La tâche effectuée </b><span style="font-weight: 400">(temps et énergie investis, pénibilité de la tâche, compétences requises etc.)</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">&#8211; </span><b>Les besoins financiers de l’individu</b><span style="font-weight: 400"> qui réalise la tâche</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">&#8211; </span><b>L’enveloppe globale liée au projet</b><span style="font-weight: 400"> et le nombre de contributeurs qui y participent</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">&#8211; </span><b>et d’autres critères personnels divers</b><span style="font-weight: 400"> (sentiment de légitimité, motivation à voir aboutir le projet, rétributions symboliques par ailleurs, etc.).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Elle rend ensuite publique sa rémunération auprès du collectif qui peut ainsi régulariser au besoin (à la baisse ou à la hausse).</span></p>
<h2><b>Que présuppose la mise en place d’un budget contributif ?</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400">Evidemment la mise en place d’un budget contributif présuppose l’existence d’une enveloppe financière dédiée (dans le cas d’ANIS, nous disposions de l’équivalent de l’ancien poste salarié, soit 0,8 ETP), mais elle nécessite également :</span></p>
<p><b>&#8211; Que le travail collaboratif soit organisé et outillé</b><span style="font-weight: 400"> : les contributeurs ont accès aux ressources de la structure en ligne, ils disposent d’outils pour échanger et organiser les tâches (listes mails, cloud, journal de bord, Trello etc.). </span></p>
<p><b>&#8211; Que les contributions soient libres</b><span style="font-weight: 400">, à savoir qu’il n’existe pas dans le collectif de rapport hiérarchique. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de tâches de coordination / d’organisation du travail collectif, mais les membres sont libres de choisir ce sur quoi va porter leur contribution au projet.</span></p>
<p><b>&#8211; Que la rémunération puisse être autodéterminée par les contributeurs a posteriori et que cela soit réalisé de manière transparente. </b><span style="font-weight: 400">Chez ANIS par exemple, on utilise un simple tableur en ligne où chacun.e vient inscrire la rémunération qu’il/elle s’est attribué.e toutes les semaines.</span></p>
<p><b>&#8211; Que les contributeurs qui souhaitent être rémunérés disposent d’un statut leur permettant de facturer la structure </b><span style="font-weight: 400">(Auto-Entreprise, CAE (citons notamment </span><a href="https://www.opteos.fr/"><span style="font-weight: 400">OPTEOS</span></a><span style="font-weight: 400"> qui a permis à bon nombre de contributeurs de trouver un statut adapté à leur activité et leurs valeurs), auteur, micro-entreprise&#8230;)</span></p>
<h2><b>Quel constat après plusieurs années d’expérimentation ?</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400">Tout d’abord, et aussi surprenant que cela puisse paraître, et bien que cela marche très bien !</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">L’association ANIS existe toujours, les projets ainsi que les travaux de recherche et expérimentations sur l’innovation sociale et numérique et les communs se poursuivent en lien avec Catalyst.</span></p>
<p><b>Et par ailleurs, voici ce que nous avons pu constater :</b></p>
<p><span style="font-weight: 400">&#8211; </span><b>Une réelle motivation</b><span style="font-weight: 400">, d’une part parce que les contributeurs choisissent librement les missions qu’ils vont prendre en charge, d’autre part parce qu’ils peuvent décider de se rémunérer pour ces dernières. Le budget contributif permet d’investir plus de temps que le bénévolat parce qu’il n’entre pas en concurrence à 100 % avec une autre activité rémunérée, il permet de générer un revenu.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">&#8211; </span><b>Un lien de confiance renforcé entre les membres du collectif </b><span style="font-weight: 400">permis par la transparence au niveau des contributions et des rémunérations.</span></p>
<p><b>&#8211; Un questionnement individuel et collectif</b><span style="font-weight: 400"> sur le rapport à l’argent, la valeur du travail, la légitimité de chacun.e à agir et participer au projet.</span></p>
<p><b>&#8211; Des projets initiés par des membres peuvent potentiellement voir le jour plus facilement,</b><span style="font-weight: 400"> dans la mesure où le porteur de projet sait qu’il pourra bénéficier d’une rémunération pour le temps investi. </span></p>
<p><b>Cependant, la mise en place d’un système de rémunération sain dans un collectif prend du temps, notamment parce qu’elle demande une acculturation importante des membres à ce modèle. </b><span style="font-weight: 400">Déclarer de fait une enveloppe financière ouverte dans lequel les contributeurs peuvent piocher librement ne suffit pas à ce que ces derniers s’en emparent. Typiquement, le premier budget contributif chez ANIS (organisation des ROUMICS sur la transition en 2015) a été très peu concluant. Le budget dédié à cette expérimentation a été très peu utilisé par les contributeurs, l’autorémunération de contributions jusqu’alors bénévoles représentant sans doute un changement trop important pour se faire d’un claquement de doigts. L’utilisation du budget contributif implique également pour les membres un passage à l’échelle : à titre personnel par exemple, j’ai maintenu mon investissement bénévole pendant plusieurs années après le lancement du budget contributif, estimant que le volume horaire réalisé n’était pas suffisant pour justifier la création d’un statut adapté. </span></p>
<p><b>Par ailleurs, piocher dans un budget contributif présuppose que l’individu se confère la légitimité pour le faire. </b><span style="font-weight: 400">Or on sait bien que l’égalité de droit ne signifie pas équité de faits, que selon leurs origines sociales, âge, genre etc., les membres du collectif perçoivent différemment la valeur de leur travail. D’où la nécessité d’avoir des </span><b>temps réguliers d’échanges sur ces questions entre les membres afin de régulariser les rémunérations.</b></p>
<p><b>Enfin, certaines missions soumises à des contraintes fortes (de temps, de production) peuvent ne pas facilement se concilier avec un fonctionnement contributif ouvert et un budget contributif dédié.</b><span style="font-weight: 400"> Des contraintes trop lourdes peuvent en effet démotiver les contributeurs, et il se peut également que le collectif ne dispose pas des compétences nécessaires pour les prendre en charge alors qu’elles sont indispensables au fonctionnement de la structure ou du projet. Chez ANIS par exemple nous avons rapidement délégué la gestion de la comptabilité à une structure externe, chez OPTEOS la gestion administrative est réalisée par des salariées.</span></p>
<h2><b>Une expérimentation prometteuse</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400">Le budget contributif est un outil clé de répartition financière dans les collectifs. Les premières années d’expérimentation au sein d’ANIS sont probantes et nous poussent à continuer sur cette voie. Nos objectifs pour les années à venir : développer des outils spécifiques (notamment </span><a href="https://loot-project.gitlab.io/userguide/doc/about/index.html"><span style="font-weight: 400">LOOT</span></a><span style="font-weight: 400">), recruter de nouveaux contributeurs au sein du collectif et accompagner les structures qui souhaiteraient fonctionner sur ce modèle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Notez qu’une étude est actuellement en cours de réalisation sur les expérimentations de budgets contributifs dans différentes structures de l’écosystème, dont ANIS qui permettra d’approfondir l’analyse (voir : </span><a href="https://movilab.org/wiki/Probl%C3%A9matiques_de_recherche_sur_les_mod%C3%A8les_contributifs_et_les_nouvelles_formes_de_structuration_du_travail_dans_les_%C3%A9cosyst%C3%A8mes_collaboratifs."><span style="font-weight: 400">“Problématiques de recherche sur les modèles contributifs et les nouvelles formes de structuration du travail dans les écosystèmes collaboratifs.”</span></a><span style="font-weight: 400">).</span></p>
<p><b>Ressources qui ont permis la rédaction de cet article, à consulter pour aller plus loin :</b></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400"><span style="font-weight: 400"><a href="https://movilab.org/wiki/Coremuneration">Corémuration</a>, sur Movilab </span></li>
<li style="font-weight: 400"><span style="font-weight: 400"><a href="https://www.dropbox.com/s/sdallx5cz0cpet4/presentation_communs_projection.pdf?dl=0">Vivre des communs, présentations </a>Collectif Catalyst.  </span></li>
<li style="font-weight: 400"><span style="font-weight: 400"><a href="https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Financement_et_r%C3%A9tribution_dans_les_communs">Financement et rétribution dans les communs, </a>Wikiversité</span></li>
<li style="font-weight: 400"><span style="font-weight: 400"><a href="https://movilab.org/wiki/Probl%C3%A9matiques_de_recherche_sur_les_mod%C3%A8les_contributifs_et_les_nouvelles_formes_de_structuration_du_travail_dans_les_%C3%A9cosyst%C3%A8mes_collaboratifs/">Etude en cours sur les budgets contributifs, </a>Movilab. </span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Économie de la contribution et gestion des biens communs</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/imaginaire-communs/economie-de-la-contribution-et-gestion-des-biens-communs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ptrendel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 12:12:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Imaginaire Communs]]></category>
		<category><![CDATA[Biens communs]]></category>
		<category><![CDATA[Contribution]]></category>
		<category><![CDATA[Savoir]]></category>
		<category><![CDATA[Territoire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://anis-catalyst.org/?p=232775</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retrouvez ici la contribution intégrale de l'article "Le modèle des ateliers de capacitation" paru dans le numéro #1 d'Imaginaire Communs, la revue de recherche contributive du collectif Catalyst.</p>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/imaginaire-communs/economie-de-la-contribution-et-gestion-des-biens-communs/">Économie de la contribution et gestion des biens communs</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><em><strong>Auteurs : Clément Morlat<a class="post-footnote" href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"> <sup>1</sup></a>, Théo Sentis<a class="post-footnote" href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"> <sup>2</sup></a>, Olivier Landau<a class="post-footnote" href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"> <sup>2</sup></a>, Anne Kunvari<a class="post-footnote" href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"> <sup>2</sup></a>, Vincent Puig<a class="post-footnote" href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"> <sup>2</sup></a>.</strong></em></p>
<p align="justify">L’économie de la contribution<a class="post-footnote" href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"> <sup>3</sup></a> est un modèle fondé sur une redéfinition du rapport à la richesse, rendue nécessaire par la situation tout à fait exceptionnelle dont témoigne la notion d’Anthropocène<a class="post-footnote" href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"> <sup>4</sup></a>. Dans ce contexte contemporain, où l’organisation de l’économie à l’échelle planétaire conduit à une série de forçages anthropiques<a class="post-footnote" href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"> <sup>5</sup></a> qui menacent la pérennité des équilibres biologiques et des sociétés humaines actuelles à relativement brève échéance, la richesse ne peut être entendue que comme capacité à transformer les modèles de développement qui sous-tendent cette organisation.</p>
<p align="justify">Être riche dans l’Anthropocène, c’est être capable de bifurquer. Or, pour Bernard Stiegler, la bifurcation est ce que produisent les savoirs, en tant qu’ils font advenir du nouveau qui enrichit le réel. Cet enrichissement lié au savoir, qu’il soit savoir-faire, savoir-vivre ou savoir concevoir et théoriser, relève pour lui d’une “valeur pratique” : créer de la richesse consiste à pratiquer collectivement un savoir dans le cadre d’une activité qui a de la valeur en ce qu’elle permet de transformer à la fois les organisations et les personnes qui les composent<a class="post-footnote" href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc"> <sup>6</sup></a>.</p>
<p align="justify">Ce texte propose une description détaillée du modèle d’économie de la contribution tel qu’il est développé actuellement à l’Institut de recherche et d’innovation (IRI)<a class="post-footnote" href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc"> <sup>7</sup></a>, tout en explorant certaines correspondances théoriques et fonctionnelles avec l’économie des communs<a class="post-footnote" href="#sdfootnote8sym" name="sdfootnote8anc"> <sup>8</sup></a>. La ligne directrice de cette tentative de mise en regard se structure autour de deux problématiques que sont la place donnée à la question du savoir et la contribution à une démarche territoriale collective.</p>
<p><div id="attachment_232791" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-232791" class="wp-image-232791 size-full" src="https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2021/03/atelier1.jpg" alt="Réunion de la &quot;clinique contributive&quot;" width="1024" height="768" srcset="https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2021/03/atelier1.jpg 1024w, https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2021/03/atelier1-980x735.jpg 980w, https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2021/03/atelier1-480x360.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><p id="caption-attachment-232791" class="wp-caption-text">Réunion de la « clinique contributive »</p></div></p>
<h3 align="justify">Contribution</h3>
<p align="justify">La notion de contribution à une démarche collective fait de nos jours penser aux initiatives citoyennes participatives, aux activités de l’économie sociale et solidaire, et bien sûr à la gestion des biens communs. Néanmoins, s’il participe de ces dynamiques, le modèle d’économie de la contribution est aussi une réponse à des problématiques soulevées par un autre type de contributions.</p>
<p align="justify">Marx écrivait dans les Grundrisse au cours des années 1857-1858 :</p>
<p style="padding-left: 40px" align="justify"><em>Une fois intégré dans le procès de production du capital, le moyen de travail passe toutefois par différentes métamorphoses, dont la dernière est la machine ou, pour mieux dire, le système automatique de la machinerie (…) ; cet automate consiste en de multiples organes, les uns mécaniques et les autres doués d’intellect, de sorte que les ouvriers eux-mêmes ne sont plus définis que comme ses membres conscients (…). A aucun égard, la machine n’apparaît comme moyen de travail de l’ouvrier individuel. La differentia specifica de la machine n’est nullement, comme dans le cas du moyen de travail, de transmettre l’activité́ de l’ouvrier à l’objet ; au contraire, cette activité́ a une position telle qu’elle ne fait que servir d’intermédiaire au travail de la machine — que surveiller l’action de celle-ci sur la matière première et lui éviter tout incident. Dans ce cas-là, les choses ne se passent pas comme dans l’emploi de l’outil que l’ouvrier — en tant qu’organe — anime de son adresse et de son activité́ et dont le maniement dépend de sa virtuosité́. La machine, qui possède adresse et force à la place de l’ouvrier, est au contraire elle-même le virtuose (…). Réduite à une simple abstraction d’activité, l’activité de l’ouvrier est déterminée et réglée de tout côté par le mouvement de la machinerie et non l’inverse<a class="post-footnote" href="#sdfootnote9sym" name="sdfootnote9anc"> <sup>9</sup></a>.</em></p>
<p align="justify">A la fin du 20ème siècle, l’émergence des techniques numériques a généralisé la place de la machine dans la vie quotidienne. Ainsi s’est de nouveau posée de façon cruciale la question de la place de la machine dans la société et sa relation avec les humains – les “organes” de la machine qui sont “doués d’intellect”. Aujourd’hui, conséquence du numérique et des machines en réseau connectées en permanence à une majeure partie de la population, l’alimentation du système automatique en connaissance (intellect) s’est généralisée. Elle résulte de contributions volontaires et involontaires des êtres humains.</p>
<p align="justify">Un certain nombre de chercheurs dont André Gorz<a class="post-footnote" href="#sdfootnote10sym" name="sdfootnote10anc"> <sup>10</sup></a> ont alors reconsidéré la place du travail dans la société, et donc le fonctionnement de l’économie. A la suite de ces travaux et de ceux des tenants du capitalisme cognitif<a class="post-footnote" href="#sdfootnote11sym" name="sdfootnote11anc"> <sup>11</sup></a>, Antonio Negri, Carlo Vercellone, Yann Moulier Boutang<a class="post-footnote" href="#sdfootnote12sym" name="sdfootnote12anc"> <sup>12</sup></a> proposent un revenu inconditionnel. Tandis que l’association Ars Industrialis<a class="post-footnote" href="#sdfootnote13sym" name="sdfootnote13anc"> <sup>13</sup></a>, analysant l’aspect pharmakologique<a class="post-footnote" href="#sdfootnote14sym" name="sdfootnote14anc"> <sup>14</sup></a> des technologies numériques ainsi que d’autres problématiques liées développement de savoirs<a class="post-footnote" href="#sdfootnote15sym" name="sdfootnote15anc"> <sup>15</sup></a>, a élaboré depuis les années 2013 une première approche d’une économie valorisant la contribution de façon à éviter la prolétarisation massive de la population. La prolétarisation est entendue ici, d’une manière générale, comme ce qui consiste à priver un sujet (producteur, consommateur, concepteur) de ses savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir concevoir et théoriser)<a class="post-footnote" href="#sdfootnote16sym" name="sdfootnote16anc"> <sup>16</sup></a>.</p>
<p align="justify">Cette économie de la contribution est basée sur trois principes<a class="post-footnote" href="#sdfootnote17sym" name="sdfootnote17anc"> <sup>17</sup></a>. Tout d’abord, les acteurs économiques ne sont plus séparés en producteurs d’un côté et consommateurs de l’autre. Ensuite, la valeur associée aux productions des contributeurs n’est pas intégralement monétarisable. Enfin, l’économie de la contribution est une économie fondée sur le développement des savoirs<a class="post-footnote" href="#sdfootnote18sym" name="sdfootnote18anc"> <sup>18</sup></a>.</p>
<h3 align="justify">Savoir et travail</h3>
<p align="justify">Précisons ici la différence que nous faisons entre savoir et connaissance<a class="post-footnote" href="#sdfootnote19sym" name="sdfootnote19anc"> <sup>19</sup></a>. La connaissance, ou plutôt le fait d’y avoir accès et de l’interpréter pour nourrir l’action collective, contribue à l’enrichissement d’un savoir partagé par ceux qui s’inscrivent dans cette action. Mais la connaissance ne favorise le savoir que lorsqu’elle est alliée à l’expérience issue d’une pratique exercée dans une interaction renouvelée avec d’autres<a class="post-footnote" href="#sdfootnote20sym" name="sdfootnote20anc"> <sup>20</sup></a>. Autrement dit, nous abordons le savoir en acte, mobilisé et enrichi par un processus collectif ayant pour effet de produire de la nouveauté, relevant en cela d’une dynamique indissociable d’un groupe social, donc locale<a class="post-footnote" href="#sdfootnote21sym" name="sdfootnote21anc"> <sup>21</sup></a> et en perpétuelle évolution.</p>
<p align="justify">Cette question du savoir est au cœur de l’économie de la contribution. Elle est intrinsèquement liée à celle du travail. Pour Stiegler, qui revisite la notion de travail depuis la distinction que faisaient les Grecs Anciens entre ponos (le labeur) et ergon (l’ouvrage), distinction que l’on retrouve en anglais entre labor et work, le travail doit être entendu comme ergon, donc comme pratique de savoir qui crée des ouvertures, et non seulement comme ponos. C’est ce qui l’amène à proposer une distinction claire entre travail et emploi.</p>
<p align="justify">L’emploi, tel qu’il s’exprime majoritairement aujourd’hui à travers le cadre juridique du salariat, dont le critère de définition réside dans l’existence d’un lien de subordination entre l’employeur et le salarié, introduit une coupure dans la capacité du salarié à participer à la définition du contenu et de la finalité de l’activité qu’il exerce. Cela induit structurellement une tendance à la fermeture, donc à la standardisation de cette activité, qui peut alors dans certains cas se limiter à la répétition de tâches, protocoles, routines, pour la réalisation desquels la personne est remplaçable, par une autre personne ou par un automate &#8211; machine ou algorithme. Dans un tel cas de figure, l’activité exercée dans l’emploi est dépourvue de toute pratique de savoir au sens où nous l’entendons, c&rsquo;est-à-dire de toute capacité à produire de la nouveauté par l’interaction avec d’autres.</p>
<p align="justify">A l’inverse, le fait d’interagir et de créer, c’est-à-dire de ne pas seulement exécuter des tâches standardisées mais d’induire des bifurcations imprévisibles au sein d’une organisation ou d’un système, favorise le développement des singularités de l’individu et relève en cela d’un travail. Ce travail revêt alors une dimension d&rsquo;œuvre pour l’individu et intervient dans sa réalisation personnelle, enrichissant alors ce que l’on peut désigner comme son répertoire. L’individu qui travaille est alors moins facilement remplaçable, du fait la diversité singulière de son répertoire et de son appartenance à une communauté que nous qualifions de communauté de savoir et qui n’est pas limitée &#8211; loin s’en faut &#8211; au cadre de l’emploi.</p>
<h3 align="justify">Revenu contributif</h3>
<p align="justify">Si le travail est ainsi entendu, alors la question de la rétribution du travail se pose d’une manière nouvelle. Le modèle d’économie de la contribution n’envisage pas qu’une personne soit rémunérée forfaitairement en fonction de la quantité de temps durant lequel elle consent à être employée. L’enjeu n’est pas quantitatif. Il s’agit de créer les conditions matérielles adaptées, de façon à ce que cette personne puisse contribuer à des activités collectives au cours desquelles sont développés des savoirs qui enrichissent en premier lieu cette personne en ce qu’ils lui confèrent, dans sa relation au monde, au sein d’un groupe social.</p>
<p align="justify">C’est donc la qualité des interactions dans ces activités qui est recherchée. L’objectif n’est pas une montée en compétences prédéfinies mais l&rsquo;acquisition de capacités non seulement individuelles mais collectives, adaptées à des problématiques locales identifiées par le groupe lors de ces activités – que nous appelons d’ailleurs et pour cette raison des activités de capacitation<a class="post-footnote" href="#sdfootnote22sym" name="sdfootnote22anc"> <sup>22</sup></a>. Un « revenu contributif » est alors envisagé pour aider certains acteurs du territoire à libérer le temps nécessaire pour y participer. Ce revenu se fonde sur plusieurs logiques.</p>
<p align="justify">Il s’agit tout d’abord d’argumenter en faveur d’une nouvelle forme de redistribution. Dans un système productif de plus en plus outillé, voire régi, par les plateformes numériques et la robotisation, les gains monétaires induits par la hausse de productivité que permet l’automatisation et le calcul algorithmique ne profitent aux populations locales que de façon limitée. La disponibilité accrue des produits industriels et des services facilités par ces plateformes, et plus généralement le mouvement d’automatisation de la société s’accompagne d’une destruction nette du volume d’emploi<a class="post-footnote" href="#sdfootnote23sym" name="sdfootnote23anc"> <sup>23</sup></a>. Tandis que la consommation de ces mêmes produits et services implique souvent au préalable un “travail” gratuit de la part des habitants des territoires (codesign et coréalisation des produits<a class="post-footnote" href="#sdfootnote24sym" name="sdfootnote24anc"> <sup>24</sup></a>, services collaboratifs<a class="post-footnote" href="#sdfootnote25sym" name="sdfootnote25anc"> <sup>25</sup></a>, etc.) ainsi que la mise à disposition de données personnelles et d’usage qui constituent pour les acteurs de l’économie numérique une source majeure de profit.</p>
<p align="justify">Quoi de plus naturel dès lors que de promouvoir un instrument économique susceptible de corriger l’iniquité provoquée par cette disruption technologique ? Puisque l’automatisation et la transformation numérique de l’économie augmentent la productivité et libèrent du temps, il pourrait être cohérent de considérer que les personnes disposant de ce temps puissent être aidées pour participer à un travail créatif et bénéfique au territoire au sein d’activités de capacitation. Un “revenu contributif” financé grâce à une partie des profits issus de cette hausse de productivité remplirait cette fonction. Cette démarche redistributive nécessiterait cependant que les pouvoirs publics soient en capacité de concrétiser leur volonté de taxer les géants du numérique, ce qui n’est pas actuellement le cas.</p>
<p align="justify">Le revenu contributif que nous envisageons a cependant une autre raison d’être, complémentaire à la vocation redistributive évoquée à l’instant. Il ne s’agit plus seulement de redistribuer, ce qui pourrait être fait par le biais d’autres formes de revenus décorrélés de l’emploi tel que le revenu universel. Il s’agit d’investir dans la capacité des populations locales à contribuer à la transformation de leur territoire de vie. Dans notre modèle dont nous expliciterons les détails, les activités pratiques de capacitation sont en effet étroitement liées au déploiement de projets sélectionnés en ce qu’ils contribuent à la soutenabilité sociale et écologique forte<a class="post-footnote" href="#sdfootnote26sym" name="sdfootnote26anc"> <sup>26</sup></a> du territoire, et à la solvabilité des acteurs.</p>
<p align="justify">Financer un revenu contributif revient ainsi à investir dans l’intelligence collective du territoire et dans sa cogestion soutenable par les différents types d’habitants qui l’animent (résidents, acteurs économiques, associations, puissance publique, etc.). Les savoirs développés lors des activités de capacitation peuvent mener à l’identification conjointe de biens communs, de modes de régulation locaux, ainsi que de synergies permettant aux acteurs une viabilité économique malgré les engagements sociaux et écologiques qu’ils assument dans un régime de coresponsabilité.</p>
<h3 align="justify">Ateliers de capacitation</h3>
<p align="justify">Précisions ici les fonctions d’un atelier voué à accompagner le développement d’activités de capacitation. La première est de réunir différents types d’acteurs (habitants, entreprises, chercheurs, associations, collectivités, représentants des pouvoirs publics centraux, investisseurs, etc.) qui souhaitent s’engager ensemble dans une démarche locale de coordination d’activités amenant à la transformation du territoire. Ces démarches ne sont pas abstraites, mais contextualisées : un atelier de capacitation est thématique, il se fonde sur une problématique qui “parle” à tout le monde, ou du moins qui éveille un intérêt, parce que les participants peuvent la rattacher à une expérience ou à des projections locales concrètes. Le thème autour duquel se structure un atelier de capacitation peut être large ou plus ciblé. L’important est que ces ateliers se constituent autour de problématiques qui peuvent fédérer un ensemble d’acteurs autour de projets suffisamment divers, et pas uniquement venir en réponse aux préoccupations de quelques-uns.</p>
<p align="justify">Ensuite, il s’agit d’organiser le processus collectif qui va permettre à ces acteurs de développer ensemble des savoirs mobilisables dans leur démarche de transformation progressive du territoire. C’est bien là l’idée de la capacitation, qui vise à redonner une capacité à agir sur son environnement. Le processus collectif en œuvre dans les ateliers de capacitation repose sur le partage des connaissances, différentes, de chaque membre de l’atelier, et sur leur mobilisation par le groupe afin de donner naissance à de nouveaux savoirs, répondant à la thématique de l’atelier<a class="post-footnote" href="#sdfootnote27sym" name="sdfootnote27anc"> <sup>27</sup></a>. Dans ce cadre, l’idée est de travailler à la fois sur le plan de la pratique de terrain afin de tester des hypothèses liées par exemple à de nouvelles activités qui émergent ou à des synergies entre activités existantes qui pourraient être améliorées par leurs interactions, et sur un plan d’ordre théorique pour permettre de penser rationnellement les transformations à opérer.</p>
<p align="justify">Ce n’est qu’alors, de par l’expérience pratique et le savoir qui en découle, qu’il devient possible pour les participants à un atelier de capacitation de préciser les enjeux spécifiques de soutenabilité sociale, écologique et économique que pose la problématique envisagée. Ceci permettra de mieux envisager les projets concrets de transformation du territoire conçus autour de cet atelier<a class="post-footnote" href="#sdfootnote28sym" name="sdfootnote28anc"> <sup>28</sup></a>. Les savoirs que font grandir les activités de capacitation autour d’une problématique particulière et contextualisée sont en effet propices à l’apparition de représentations partagées localement. Cette intersubjectivité issue de l’expérience pratique collective peut être cultivée et enrichie.</p>
<h3 align="justify">Délibération</h3>
<p align="justify">Des rencontres délibératives, autres moments contributifs essentiels d’une participation aux ateliers de capacitation &#8211; et autre dimension d’expérience collective -, viennent affiner et étendre ces représentations partagées. Ces rencontres ont, elles aussi, plusieurs fonctions.</p>
<p align="justify">D’une part, celle de confronter les enjeux de soutenabilité spécifiques à différents projets locaux, c&rsquo;est-à-dire formulés à l’issue de plusieurs activités de capacitation portant sur des problématiques différentes. Ce travail permet d’étudier la manière dont ces enjeux spécifiques se recoupent, et ainsi d’effectuer une synthèse menant à identifier des enjeux qui ne sont plus spécifiques mais territoriaux. Préciser ensuite les qualités du territoire &#8211; non plus au regard de l’une ou l’autre des problématiques locales mais au regard de ces grands enjeux territoriaux &#8211; permet aux participants à l’atelier de capacitation de dessiner les contours de ce qui peut être considéré comme un bien commun<a class="post-footnote" href="#sdfootnote29sym" name="sdfootnote29anc"> <sup>29</sup></a>. Ceci conduit à étendre le champ des représentations partagées.</p>
<p align="justify">D’autre part, les rencontres délibératives sont l’occasion de formuler des objectifs de cogestion de ces biens communs, de trouver les meilleures façons de réorganiser les activités locales pour atteindre ces objectifs, puis de coordonner les contributions de chacun à ces réorganisations. C’est à ce moment que la démarche de capacitation aboutit à un “atterrissage” concret, à travers la conception et la scénarisation de projets locaux empreints de la démarche territoriale de cogestion. Ceci conduit à affiner les représentations partagées.</p>
<p align="justify">Parallèlement, et toujours de façon délibérative, il s’agit d’actualiser le processus de développement de savoirs en l’adaptant ou le complétant par des activités de capacitation orientées vers une problématique nouvelle : celle de la cogestion des biens communs identifiés et donc de la coordination des différents projets conçus en ateliers de capacitation pour concourir à la transformation soutenable du territoire.</p>
<p align="justify">En d’autres termes, dans une économie de la contribution, la délibération opère conjointement la définition des objectifs stratégiques du territoire et la spécification des dimensions de l’intelligence collective permettant de les atteindre. Elle fait mûrir un imaginaire commun tout autant que des réflexions particulières à la manière dont chacun, pour transformer le territoire, pourrait transformer ses propres usages.</p>
<h3 align="justify">Analyse de la valeur</h3>
<p align="justify">A ce titre, ce modèle contributif renouvelle la représentation économique associant valeur d’usage et valeur d’échange, pour les envisager dans un rapport étroit à la valeur pratique proposée par Stiegler. C’est dans la pratique collective d’un savoir que se transforment les regards portés sur l’usage qui est fait d’une chose, et que s’établissent ainsi des conventions sur sa valeur. Or, précisément, les transformations du territoire nourries par des ateliers de capacitation sont à la fois des transformations d’usages (les projets concrets) et des transformations de l’espace symbolique partagé (les enjeux de soutenabilité et objectifs de cogestion) au sein duquel s’effectue la reconnaissance de ce qui a de la valeur.</p>
<p align="justify">Un savoir, lorsqu’il est mis en pratique dans le cadre d’activités ciblées, peut engendrer des bienfaits pour les acteurs d’un territoire. C’est par exemple le cas lorsque ces activités révèlent aux acteurs qui y participent l’opportunité d’initiatives sociales et solidaires ou de synergies d’économie circulaire induisant à la fois des améliorations qualitatives pour certains et des réductions de coûts voire des gains économiques pour d’autres. Le défi est alors de faire en sorte que ces bienfaits puissent être reconnus comme tels, c’est à dire identifiés et qualifiés voire quantifiés lors des rencontres délibératives.</p>
<p align="justify">Ces rencontres sont un lieu de structuration de controverses et d’émergence de compromis, sans cesse renouvelés par la disponibilité de nouveaux savoirs qui permettent de ré-envisager à la fois les objectifs de cogestion, les interactions entre activités territoriales, leurs effets, et donc les jugements et arguments développés par chacun pour exprimer ce qui, selon lui, a de la valeur.</p>
<p align="justify">La spécificité du processus délibératif mené dans un atelier de capacitation est d’articuler plusieurs niveaux d’analyse de la valeur.</p>
<p align="justify">D’abord une délibération visant à évaluer les transformations et réorganisations locales autour desquelles “faire commun”. Les participants émettent alors des jugements et arguments portant sur les incidences de la démarche de cogestion des biens communs sur les grands enjeux territoriaux de soutenabilité &#8211; ce qui revient à qualifier la valeur de cette démarche du point de vue du collectif.</p>
<p align="justify">Ensuite une multitude de délibérations plus thématiques, spécifiques aux projets concrets issus de la capacitation et pensés pour mettre en œuvre localement la démarche de cogestion territoriale. Au cours de ces dernières, chacun se prononce sur les incidences de cette démarche du point de vue de son activité &#8211; ce qui revient à préciser ce en quoi l’atteinte des objectifs communs dans le cadre d’un projet particulier influe sur cette activité et revêt en cela des valeurs particulières pouvant être reconnues par chacune des personnes investies dans celle-ci.</p>
<p align="justify">A la fin de ce cycle délibératif &#8211; qui doit être envisagé comme partie d’un processus et peut donc être répété &#8211; les participants auront ainsi formulé des jugements et arguments portant d’une part sur une “valeur d’usage partagé” (ou “valeur d’usage commun”) qu’ils associent ensemble à la démarche de cogestion territoriale, et d’autre part sur des “valeurs d’usage spécifiques” attribuées par chacun aux diverses opportunités et contraintes sociales, écologiques et économiques engendrées localement par cette démarche<a class="post-footnote" href="#sdfootnote30sym" name="sdfootnote30anc"> <sup>30</sup></a>.</p>
<p align="justify">Une forme de valeur pratique conférée au collectif par ces rencontres délibératives tient alors à une capacité nouvelle à articuler ces niveaux d’analyse de la valeur d’usage, puis à en tirer des conclusions originales en termes de valeur d’échange<a class="post-footnote" href="#sdfootnote31sym" name="sdfootnote31anc"> <sup>31</sup></a>. A ce stade, cette articulation demeure cependant une articulation de représentations, qui sont partagées en délibération mais susceptibles d’être dissipées dès que les participants reviennent à leur activités et métiers particuliers dans lesquels ils sont soumis à l’influence d’autres représentations.</p>
<h3 align="justify">Coordination</h3>
<p align="justify">Dans le modèle développé par l’IRI, c’est à un Institut de gestion de l’économie de la contribution (IGEC) territorial qu’incombe la prise en compte formelle, la conservation et la synthèse des jugements individuels et collectifs exprimés par les participants aux ateliers de capacitation au cours de ces rencontres délibératives.</p>
<p align="justify">Chaque situation territoriale est particulière, unique, du fait des spécificités locales et du jeu d’acteurs. Le passage entre des analyses de la valeur portant sur des projets et enjeux précis et impliquant chacune un groupe restreint, à l’analyse de la valeur d’une démarche coordonnée relevant d’une cogestion de biens communs à un niveau plus “méso”, ne peut donc pas s’effectuer en calquant d’un territoire à un autre le même cadre. Un IGEC a alors pour fonction première de produire un référentiel territorial d’analyse de la valeur retranscrivant les grands enjeux de soutenabilité identifiés lors des rencontres délibératives, ainsi que des indicateurs ad hoc qui ont servi à modéliser des scénarios décrivant les interactions entre les projets locaux conçus lors de ces mêmes rencontres.</p>
<p align="justify">Nous pourrions qualifier ce dispositif de “comptabilité territoriale”, ou encore de “comptabilité de cogestion des biens communs”, à la condition toutefois de préciser ce que nous entendons par comptabilité. La comptabilité a quatre grandes fonctions<a class="post-footnote" href="#sdfootnote32sym" name="sdfootnote32anc"> <sup>32</sup></a>: « compter » bien sûr ; mais aussi « prendre en compte » c’est-à-dire cadrer l’information et représenter la réalité des organisations ; « rendre compte » donc déterminer à qui, et pourquoi rendre compte ; mais aussi « être comptable de » ce qui renvoie à la notion de responsabilité derrière les écritures comptables qui permettent de garder une inscription de ce qui a été fait et de générer des régimes de responsabilités particuliers.</p>
<p align="justify">Pour un IGEC, construire une comptabilité territoriale implique de se fonder sur les délibérations tenues au cours des ateliers de capacitation. Pour chaque projet conçu durant ces ateliers, ces délibérations déterminent ce dont il faut être comptable dans le régime local de coresponsabilité (enjeux territoriaux de soutenabilité et biens communs identifiés), et ce qu’il faut pour cela prendre en compte (objectifs de cogestion des biens communs et jugements de valeur argumentés) &#8211; c’est à dire de ce qui a de la valeur du point de vue collectif comme individuel.</p>
<p align="justify">La construction d’une comptabilité territoriale IGEC tient donc avant tout à une structuration qualitative des différents niveaux d’un espace de représentations partagées. Mais il s’agit bien sûr aussi de rendre compte aux acteurs des ateliers de capacitation des projections issues de la modélisation des scénarios de coordination construits en délibération.</p>
<p align="justify">L’imaginaire qualitatif commun s’adjoint alors de représentations quantitatives à la fois non monétaires (effets sociaux, écologiques et économiques des scénarios) et monétaires (coûts des contributions à la coordination territoriale, coûts des transformations d’usages induites par les engagements vis à vis du commun, effets sur les budgets publics, sur les échanges marchands, sur la solvabilité des acteurs, sur les investissements, etc.). Un IGEC doit donc aussi pouvoir compter, pour proposer une représentation quantitative des scénarios de cogestion à travers la comptabilité territoriale, mais aussi pour aider les acteurs du territoire à compter autrement.</p>
<p align="justify">Pour rendre compte à ses donneurs d’ordres et à ses partenaires des effets locaux de la démarche territoriale de cogestion, chacun doit pouvoir prendre en compte les interactions avec d’autres &#8211; ce qui est fait de manière qualitative en délibération. Mais pour que les volontés d’engagement dans cette démarche de cogestion puissent aussi être motivées par des chiffres cohérents, les acteurs du territoire doivent coordonner leurs systèmes d’information quantitatifs aussi bien qu’ils envisagent de coordonner leurs actions. Une nouvelle dimension de savoir à développer apparaît donc : il s’agit de “compter en commun” pour que les comptes de chacun soient les multiples reflets d’une même démarche de cogestion mise en lumière par la comptabilité territoriale.</p>
<p><div id="attachment_232792" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-232792" class="wp-image-232792 size-large" src="https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2021/03/formation1-1024x576.jpg" alt="La formation des enseignants lors du programme UNEJ (Urbanité numérique en jeux)" width="1024" height="576" srcset="https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2021/03/formation1-980x551.jpg 980w, https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2021/03/formation1-480x270.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><p id="caption-attachment-232792" class="wp-caption-text">La formation des enseignants lors du programme UNEJ (Urbanité numérique en jeux)</p></div></p>
<h3 align="justify">Web contributif et délibératif</h3>
<p align="justify">La diversité des acteurs qui participent aux ateliers de capacitation est grande (scientifiques, experts, entreprises, habitants, pouvoirs publics, professionnels, etc.). Il en va nécessairement de même de celle des théories, approches conceptuelles (scientifiques, vernaculaires, financières ou autres) qu’ils mobilisent pour fonder leurs jugements et développer leurs arguments en délibération. Par conséquent, les méthodes et outils (d’analyse, de modélisation, etc.) que chacun d’eux utilise pour compter ce qui a de la valeur du point de vue de leur activité et construire des systèmes d’information sont aussi très variées.</p>
<p align="justify">Un IGEC doit donc se doter d’un dispositif nouveau grâce auquel établir des passerelles non seulement entre représentations qualitatives et quantitatives, ou entre le niveau du territoire et celui des acteurs, mais aussi entre les différents systèmes d’information qu’utilise chacun d’eux au quotidien. Nous appelons ce dispositif “ContribuThèque” pour évoquer les dimensions de construction collective et de conservation de l’information. Il s’agit d’un instrument de communication entre un IGEC territorial et les rencontres délibératives des ateliers de capacitation.</p>
<p align="justify">A l’aide d’outils numériques contributifs, les participants aux rencontres délibératives formulent comme nous l’avons évoqué plus haut des jugements et arguments relatifs aux transformations locales qu’ils envisagent et aux opportunités et contraintes sociales, écologiques et économiques qu’elles engendrent. La ContribuThèque leur permet d’associer ces arguments et jugements à des indicateurs. Ces indicateurs, qui peuvent être qualitatifs ou quantitatifs, sont choisis par chaque participant pour décrire différents aspects de la démarche de cogestion. Chacun d’eux peut ensuite retranscrire ses jugements et arguments en sélectionnant des valeurs représentées par des codes couleur et des méta-catégories<a class="post-footnote" href="#sdfootnote33sym" name="sdfootnote33anc"> <sup>33</sup></a> qui constituent un langage commun, afin d’exprimer si de son point de vue tel aspect ou tel autre est bon pour le territoire, et pour son activité. Des forums permettent de motiver et de préciser ces jugements et arguments.</p>
<p align="justify">Les acteurs de l’IGEC utilisent des outils du même type pour interpréter ces indicateurs spécifiques à la délibération, construire le référentiel territorial et les indicateurs génériques IGEC de niveau plus méso, puis nourrir la modélisation des projets au moyen de scénarios territoriaux qui donneront lieu ensuite à des simulations puis à l’évaluation de l’atteinte des objectifs de cogestion des biens communs. L’approche IGEC n’est pas ici une approche normative de l’interprétation des indicateurs, jugements et arguments produits en délibération. Il ne s’agit pas de leur donner un sens sans autre légitimité que celle d’une “expertise” qui serait d’ailleurs toujours contestable. C’est bien là la plus-value de la ContribuThèque : les outils contributifs mobilisés relèvent d’un web herméneutique, donc d’une technologie mobilisant le calcul au profit de la confrontation des interprétations singulières et incalculables de ses utilisateurs<a class="post-footnote" href="#sdfootnote34sym" name="sdfootnote34anc"> <sup>34</sup></a>.</p>
<p align="justify">Notons ici qu’en ce qui concerne la gouvernance de ce processus d’interprétation et d’évaluation, le fonctionnement de l’IGEC n’est pas fondamentalement différent de celui d’un atelier de capacitation. Les modélisations sont contributives, appuyées par des délibérations propres à l’IGEC, et toujours en lien &#8211; notamment via les forums &#8211; avec les rencontres délibératives de l’atelier de capacitation. A tel point que nous décrivons cette activité IGEC comme relevant d’un “méta-atelier de capacitation”.</p>
<p align="justify">La souplesse conférée par ce travail “en miroir” permet de conjuguer les évaluations délibératives de plusieurs activités de capacitation à un horizon temporel commun, celui de la cogestion territoriale. Et c’est à cet horizon commun mais selon des temporalités et des modalités spécifiques qu’un IGEC communiquera avec les pouvoirs publics, les acteurs privés et les habitants. Il s’agit de légitimer des politiques publiques et des stratégies d’investissement, de favoriser la responsabilité sociétale des entreprises et leur solvabilité, tout en inscrivant les habitants au cœur de cette démarche &#8211; donc notamment d’adapter le versement du revenu contributif aux besoins des ateliers de capacitation.</p>
<h3 align="justify">Conventions territoriales</h3>
<p align="justify">Nous estimons que ce couplage entre le modèle d’atelier de capacitation et le modèle IGEC est nécessaire à une coordination des transformations des usages de chacun des acteurs et, à travers elle, à une coordination des investissements et engagements de responsabilité. Puisque d’un côté l’atelier de capacitation délibère pour qualifier l’effet des transformations locales envisagées collectivement sur les objectifs de cogestion des biens communs, et fait le lien entre ces objectifs et une comptabilité territoriale IGEC, cet atelier apporte aux habitants, aux pouvoirs publics, aux entreprises et aux investisseurs des savoirs utiles à la conception de leurs activités, de leurs politiques, de leurs offres, ou de leurs prêts et financements. Si bien que tous sont tout autant co-responsables des biens communs que “co-bénéficiaires” non seulement de l’usage de ces biens mais des savoirs développés en vue de leur préservation.</p>
<p align="justify">Le modèle d’économie de la contribution envisage alors la participation des acteurs du territoire à un atelier de capacitation selon des règles de gouvernance à établir localement, mais toujours sous condition, afin de refléter autant un engagement volontaire qu’une contrepartie des avantages fournis par le collectif de capacitation.</p>
<p align="justify">Les entreprises, associations et collectivités accèdent à l’atelier de capacitation sous condition de labellisation renouvelable au regard de leur contribution à la réalisation des objectifs définis et évalués en commun par cet atelier. Pour les entreprises s’ajoute la condition du versement d’une cotisation visant à aider le fonctionnement des ateliers de capacitation et de l’IGEC (animation, locaux, équipements, etc.), et l’obligation d’employer de façon intermittente certains habitants ayant participé à ces ateliers. Cette obligation est en réalité une opportunité pour les entreprises qui peuvent disposer des savoirs locaux dont ces habitants sont le relais à l’intérieur de leur organisation. Cette opportunité est d’ailleurs aussi ouverte aux collectivités et aux associations.</p>
<p align="justify">Le financement de cet emploi intermittent peut être vu comme une contribution directe à la dimension sociale du bien commun territorial, puisqu’il s’agit d’emploi. Mais aussi comme une contribution indirecte en ce que l’emploi intermittent est ce qui, dans notre modèle, permet aux habitants de “recharger” leur droit au revenu contributif destiné comme nous l’avons évoqué plus haut à aider ceux qui pourraient avoir du mal à libérer le temps nécessaire à s’impliquer dans un atelier de capacitation<a class="post-footnote" href="#sdfootnote35sym" name="sdfootnote35anc"> <sup>35</sup></a>. Si l’accès à l’atelier de capacitation est ouvert librement à tous les habitants, le revenu contributif est ainsi conditionné par ce temps d’emploi qui correspond à un engagement des habitants qui en bénéficient à propager les savoirs développés dans cet atelier, à les mettre en pratique, donc à les valoriser.</p>
<p align="justify">Concernant le financement du revenu contributif, l’idée première serait qu’il soit le fait des pouvoirs publics susceptibles de le considérer non seulement comme une forme d’allocation de solidarité active, ou d’un investissement dans le développement de savoirs &#8211; c’est à dire dans l’intelligence collective qui favorise la coordination des activités locales dans un régime de cogestion des biens communs<a class="post-footnote" href="#sdfootnote36sym" name="sdfootnote36anc"> <sup>36</sup></a> -, mais aussi comme une incitation à la création d’emplois intermittents au sein d’un régime local de protection sociale d’un genre nouveau, négocié puis défini et encadré par des conventions collectives territoriales.</p>
<p align="justify">Les différents aspects organisationnels évoqués dans les paragraphes précédents reflètent des hypothèses génériques. Le principe même d’une économie de la contribution interdit que soit proposé un modèle rigide applicable à tout contexte socioéconomique et politique. Le rôle des conventions collectives territoriales est en cela fondamental. Ces conventions doivent être le résultat de délibérations régulières, à l’instar de celles qui instaurent les conventions collectives des différentes branches d’activités économiques<a class="post-footnote" href="#sdfootnote37sym" name="sdfootnote37anc"> <sup>37</sup></a>.</p>
<p align="justify">Pour chaque territoire, elles auraient pour finalité de fixer un ensemble de règles spécifiques à l’attribution du revenu contributif (nombre d’heures en emploi intermittent nécessaire à recharger le droit à ce revenu, niveaux de revenu, condition d’amorçage du dispositif “emploi intermittent &#8211; revenu contributif”<a class="post-footnote" href="#sdfootnote38sym" name="sdfootnote38anc"> <sup>38</sup></a>, etc.) ; à la labellisation autorisant les acteurs à participer aux ateliers de capacitation (construction de dispositifs d’information extra-financière particuliers à chaque type d’acteurs mais cohérents entre eux<a class="post-footnote" href="#sdfootnote39sym" name="sdfootnote39anc"> <sup>39</sup></a>, modalités d’interprétation de ces informations par la comptabilité de l’IGEC territorial, etc.) ; à la labellisation des employeurs pouvant bénéficier d’emplois intermittents ; à la représentation des acteurs au sein de l’IGEC territorial ; etc.</p>
<p align="justify">Une conclusion partielle est que le modèle d’économie de la contribution n’est pas seulement tourné vers le mieux-vivre social et écologique local. Il permet de concevoir un dispositif intégré et co-construit d’intelligence économique territoriale. Et les investissements dans ce dispositif, sous leurs formes variées (participation aux activités pratiques et délibératives, cotisations, financement d’emplois intermittents, financements de revenus contributifs) sont les facettes complémentaires d’un co-investissement territorial dans la gestion des biens communs.</p>
<h3 align="justify">Commun de savoirs</h3>
<p align="justify">Pour préciser le rapport de l’économie de la contribution à la notion de commun, revenons à l’approche d’Elinor Ostrom pour qui les communautés constituant des communs sont avant tout des communautés de savoir<a class="post-footnote" href="#sdfootnote40sym" name="sdfootnote40anc"> <sup>40</sup></a>. Nous considérons que le dispositif constitué d’un réseau local d’ateliers de capacitation qui communiquent avec un IGEC territorial grâce à des outils numériques de type ContribuThèque, est une ressource que partagent les communautés de savoir de l’économie de la contribution. Ce partage s’effectue dans le cadre de règles de gouvernance bien spécifiques que nous venons d&rsquo;évoquer. L’ensemble réunissant ces communautés, le dispositif-ressource qu’elles mobilisent, et les règles qui en déterminent les modalités d’accès, forme alors un commun.</p>
<p align="justify">Le commun sur lequel s’appuie l’économie de la contribution est l’opportunité de penser collectivement et démocratiquement l’articulation fonctionnelle entre l’économie publique, l’économie du don, l’économie marchande territoriale, et les entités locales directement articulées avec l’économie de marché globalisée. Il s’agit donc d’un commun qui confère au modèle d’économie de la contribution le caractère d’une économie générale, à l’interface des sphères précitées, lesquelles peuvent s’inscrire dans des communs plus usuels constitués par exemple autour de la gestion des ressources naturelles.</p>
<p align="justify">Ce commun spécifique à l’économie de la contribution peut alors à la fois être considéré comme un “commun de communs” &#8211; les rencontres délibératives en lien avec un IGEC territorial pourraient aboutir à la coordination de plusieurs démarches plus locales de cogestion de biens communs -, et comme un “commun au service des autres communs” car susceptible de leur apporter à la fois des savoirs spécifiques, des outils de délibération et de gouvernance, ainsi que des solutions d’investissement adaptées aux diverses formes de contribution des acteurs locaux.</p>
<p align="justify">Le modèle d’économie de la contribution, s’il était mis en œuvre à l’échelle d’un ou plusieurs territoires en réseau, offrirait aux acteurs de ces territoires l’opportunité de reprendre la maîtrise de leur économie par un enrichissement des régimes institutionnels permettant notamment d’accompagner la réorganisation des systèmes industriels afin de maîtriser leurs influences sur la société et sur les écosystèmes.</p>
<h3 align="justify">Territoire apprenant contributif</h3>
<p align="justify">L’économie de la contribution est expérimentée dans le cadre d’un programme appelé Territoire apprenant contributif (TAC) qui fût impulsé en 2016 par Bernard Stiegler, alors directeur de l’IRI, à la demande de l&rsquo;établissement public territorial (EPT) Plaine Commune<a class="post-footnote" href="#sdfootnote41sym" name="sdfootnote41anc"> <sup>41</sup></a>, puis étendu au territoire de la Seine-Saint-Denis, et mené depuis par les équipes de l’IRI. Ce programme de 10 ans visait à préfigurer une loi d’expérimentation de l’économie de la contribution par le développement d’une méthode dite de “recherche contributive<a class="post-footnote" href="#sdfootnote42sym" name="sdfootnote42anc"> <sup>42</sup></a>”. Elle est fondée sur une enquête de terrain destinée à identifier les savoirs existants et les activités émergentes sur le territoire, à mobiliser leurs responsables et d’autres acteurs (habitants, chercheurs, collectivités locales, associations, etc.) intéressées par ces activités. Il s’agit ensuite d’organiser et d’animer les ateliers de capacitation et les rencontres délibératives susceptibles de nourrir un IGEC.</p>
<p align="justify">Actuellement, les différentes composantes de cette méthode sont en construction, à partir du travail mené par l’IRI et les porteurs de projets sur le territoire de la Seine-Saint-Denis. Se dessinent ainsi des liens entre eux, donnant à voir de façon plus précise ce que pourrait être une déclinaison locale de l’économie de la contribution. Les ateliers de capacitation les plus avancés portent sur les thématiques de la santé<a class="post-footnote" href="#sdfootnote43sym" name="sdfootnote43anc"> <sup>43</sup></a>, de l’urbanité numérique<a class="post-footnote" href="#sdfootnote44sym" name="sdfootnote44anc"> <sup>44</sup></a> et de l’agriculture urbaine<a class="post-footnote" href="#sdfootnote45sym" name="sdfootnote45anc"> <sup>45</sup></a>. La ContribuThèque se constitue autour d’un portail d’aide à la délibération et à l’évaluation collective<a class="post-footnote" href="#sdfootnote46sym" name="sdfootnote46anc"> <sup>46</sup></a>, d’une plateforme de veille contributive<a class="post-footnote" href="#sdfootnote47sym" name="sdfootnote47anc"> <sup>47</sup></a>, et d’outils d’annotation<a class="post-footnote" href="#sdfootnote48sym" name="sdfootnote48anc"> <sup>48</sup></a>. Le fonctionnement d’un IGEC est modélisé dans le cadre d’un groupe de travail hebdomadaire et de cycles de séminaires<a class="post-footnote" href="#sdfootnote49sym" name="sdfootnote49anc"> <sup>49</sup></a>. Par ailleurs, les projets de recherche dans lesquels est impliqué l’IRI sont tous l’occasion d’enrichir l’un ou l’autre des aspects de la méthode<a class="post-footnote" href="#sdfootnote50sym" name="sdfootnote50anc"> <sup>50</sup></a>.</p>
<hr />
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym"> (1)</a> Centre de Recherche sur l&rsquo;Innovation et les Stratégies Industrielles (ULCO) ; Institut de recherche et d’innovation.</p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym"> (2)</a> Institut de recherche et d’innovation.</p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym"> (3)</a> Stiegler, B. (2009). Pour une nouvelle critique de l&rsquo;économie politique. Galilée. ; Béraud, P., &amp; Cormerais, F. (2011). Économie de la contribution et innovation sociétale. Innovations, (1), 163-183. ; Morlat, C., Landau, O., Sentis, T., Cormerais, F., Alombert, A., Krzykawski, M. (2020). Économie contributive, processus territoriaux de capacitation et nouvelles modalités comptables. Dans Stiegler et al., dir, Bifurquer. Éditions Les Liens qui libèrent. Juin 2020</p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym"> (4)</a> L’Anthropocène est une nouvelle époque géologique qui se caractérise par l’avènement des hommes comme principale force de changement sur Terre, surpassant les forces géophysiques.</p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym"> (5)</a> On parle de forçage anthropique pour désigner les perturbations d’origine humaine qui impactent l&rsquo;équilibre du climat et l’organisation de la biosphère. Parmi les forçages anthropiques, on trouve notamment les émissions de gaz à effet de serre ; les émissions d&rsquo;aérosols ; la déforestation et plus généralement la modification des surfaces végétales. L’économie de la contribution a ainsi vocation à avoir un effet “néguanthropique”, c&rsquo;est-à-dire réduisant ces forçages.</p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p align="left"><a href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym"> (6)</a> Cette « valeur pratique » est donc la valeur associée aux productions que permettent les savoirs. Elle doit être mise en au regard des traditionnelles valeur d&rsquo;usage et d&rsquo;échange dont elle se dissocie mais qu’elle permet d’articuler (cf. infra, partie « Analyse de la valeur »). Ce que permet la pratique d’un savoir vaut au-delà des productions valorisables dans l’échange, par exemple sur un marché, car le fait de pratiquer un savoir renouvelle ce savoir et produit de nouveaux savoirs partagés. En-cela, contrairement à la valeur associée à l’usage potentiel pouvant être fait d’une chose, valeur diminuant avec le temps d’utilisation entraînant la dégradation de cette chose, le savoir ne s’use pas quand il est pratiqué collectivement.</p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p><a href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym"> (7)</a> En 2006, le Centre Pompidou, sous l’impulsion du philosophe Bernard Stiegler, a créé en son sein l’Institut de recherche et d’innovation pour anticiper, accompagner, et analyser les mutations des activités culturelles, scientifiques et économiques induites par les technologies numériques, et pour développer de nouveaux dispositifs critiques contributifs. <a href="https://www.iri.centrepompidou.fr/">https://www.iri.centrepompidou.fr</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote8">
<p align="left"><a href="#sdfootnote8anc" name="sdfootnote8sym"> (8)</a> Ostrom, E. (2010). Beyond markets and states: polycentric governance of complex economic systems. Transnational Corporations Review, 2(2), 1-12.</p>
</div>
<div id="sdfootnote9">
<p><a href="#sdfootnote9anc" name="sdfootnote9sym"> (9)</a> Karl Marx, fin du cahier VI des Grundrisse (E.S., t. II, pp. 184-188), contenu qui sera repris dans la Section IV du Livre I du Capital.</p>
</div>
<div id="sdfootnote10">
<p><a href="#sdfootnote10anc" name="sdfootnote10sym"> (10)</a> Gorz., A. (1997). Misère du présent, richesse du possible. Paris, Galilée.</p>
</div>
<div id="sdfootnote11">
<p><a href="#sdfootnote11anc" name="sdfootnote11sym"> (11)</a> On appelle capitalisme cognitif (ou encore <a href="http://www.toupie.org/Dictionnaire/Economie.htm">économie</a> du savoir, économie de la <a href="http://www.toupie.org/Dictionnaire/Connaissance.htm">connaissance</a>, économie de l&rsquo;immatériel) une phase de l&rsquo;économie apparue dans les années 1990 et basée sur la <a href="http://www.toupie.org/Dictionnaire/Production.htm">production</a> et l&rsquo;<a href="http://www.toupie.org/Dictionnaire/Accumulation_capital.htm">accumulation</a> de la connaissance. Voir sur ce sujet Boutang, Y. M. (2007). Le capitalisme cognitif. París: Ed. Amsterdam.</p>
</div>
<div id="sdfootnote12">
<p><a href="#sdfootnote12anc" name="sdfootnote12sym"> (12)</a> Moulier-Boutang, Y. (2016). Pour un revenu d’existence de pollinisation contributive. Multitudes, (2), 25-38.</p>
<p><a href="https://www.multitudes.net/pour-un-revenu-dexistence-de-pollinisation-contributive-finance-par-une-taxe-pollen/">https://www.multitudes.net/pour-un-revenu-dexistence-de-pollinisation-contributive-finance-par-une-taxe-pollen/</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote13">
<p><a href="#sdfootnote13anc" name="sdfootnote13sym"> (13)</a> Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l&rsquo;esprit. <a href="http://arsindustrialis.org/">http://arsindustrialis.org</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote14">
<p><a href="#sdfootnote14anc" name="sdfootnote14sym"> (14)</a> En Grèce ancienne, le terme de pharmakon désigne à la fois le remède, le poison, et le bouc-émissaire. Tout objet technique est pharmacologique : il est à la fois poison et remède. Le pharmakon est à la fois ce qui permet de prendre soin et ce dont il faut prendre soin, au sens où il faut y faire attention : c’est une puissance curative dans la mesure et la démesure où c’est une puissance destructrice. Voir sur ce sujet <a href="http://arsindustrialis.org/pharmakon">http://arsindustrialis.org/pharmakon</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote15">
<p><a href="#sdfootnote15anc" name="sdfootnote15sym"> (15)</a> Telles que fonctionnement des communautés du logiciel libre, ainsi que des travaux de Antonella Corsani et Maurizio Lazzarato sur les intermittents du spectacle. Voir sur ce sujet Corsani, A., &amp; Lazzarato, M. (2008). Intermittents et précaires (No. halshs-00270167). HAL.</p>
</div>
<div id="sdfootnote16">
<p align="left"><a href="#sdfootnote16anc" name="sdfootnote16sym"> (16)</a> <a href="http://arsindustrialis.org/prol%C3%A9tarisation">http://arsindustrialis.org/prolétarisation</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote17">
<p><a href="#sdfootnote17anc" name="sdfootnote17sym"> (17)</a> <a href="http://arsindustrialis.org/vocabulaire-economie-de-la-contribution">http://arsindustrialis.org/vocabulaire-economie-de-la-contribution</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote18">
<p><a href="#sdfootnote18anc" name="sdfootnote18sym"> (18)</a> Ainsi, l’économie de la contribution pourrait notamment être une tentative de réponse à Félix Guattari qui dénonce l&rsquo;uniformisation des individus, de leurs désirs et de leur manière d&rsquo;être, et qui accuse les médias de masse d&rsquo;être à la cause de cela. Voir sur ce sujet : Guattari, F. (1989). Les trois écologies (Vol. 989). Paris, Galilée.</p>
</div>
<div id="sdfootnote19">
<p><a href="#sdfootnote19anc" name="sdfootnote19sym"> (19)</a> Cette différence a notamment été précisée à l’occasion d’échanges informels associant divers membres de groupes de réflexion avec lesquels collabore l’IRI, tels que l’Association des Amis de la Génération Thunberg &#8211; Ars Industrialis, Internation ou Pharmakon. Qu’ils en soient ici remerciés.</p>
</div>
<div id="sdfootnote20">
<p><a href="#sdfootnote20anc" name="sdfootnote20sym"> (20)</a>Cette distinction n’est cependant pas à concevoir comme une opposition : la connaissance peut et doit contribuer à l’enrichissement de savoirs, à condition pour cela qu’elle puisse être accueillie dans un processus collectif au sein duquel celle-ci pourra être mobilisée, appropriée en vue d’être transformée, cette dynamique de transformation relevant précisément du développement des savoirs.</p>
</div>
<div id="sdfootnote21">
<p><a href="#sdfootnote21anc" name="sdfootnote21sym"> (21)</a> Le savoir est ce qui résiste à toute forme d’extériorisation : il n’existe qu’en acte, c’est-à-dire tel qu’en tant qu’il est pratiqué par des personnes au cours d’activités qui leurs permettent de s’épanouir. La connaissance renvoie en revanche à un ensemble de domaines, champs, objets, qui peuvent être séparés des personnes qui y ont recours, en étant inscrits par exemple dans des supports tels que des livres. C’est en ce sens que l’on peut parler d’accès à la connaissance ou d’interprétation de celle-ci.</p>
</div>
<div id="sdfootnote22">
<p><a href="#sdfootnote22anc" name="sdfootnote22sym"> (22)</a> En référence à la notion de capabilités proposée par Armartya Sen, mais qui relève d’une approche centrée sur l’individu tandis que le modèle d’économie de la contribution élargit cette notion à une dimension plus sociale &#8211; c’est à dire aux interactions au sein d’un groupe.</p>
</div>
<div id="sdfootnote23">
<p><a href="#sdfootnote23anc" name="sdfootnote23sym"> (23)</a> Évaluée par l’OCDE pour la France à une disparition de 16,4% des emplois dans les 15 à 20 prochaines années et à une modification radicale pour 32,8%. Voir OCDE (2019). Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2019, L’avenir du travail. <a href="https://www.oecd-ilibrary.org/employment/perspectives-de-l-emploi-de-l-ocde-2019_b7e9e205-fr">https://www.oecd-ilibrary.org/employment/perspectives-de-l-emploi-de-l-ocde-2019_b7e9e205-fr</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote24">
<p><a href="#sdfootnote24anc" name="sdfootnote24sym"> (24)</a> De l’apparition des caisses automatiques en supermarchés, aux fab-labs dotés d’imprimantes 3D, la transformation numérique du système industriel est associée de manière croissante à une transformation du mode de consommation invitant le client à réaliser une partie des tâches effectuées auparavant par le producteur.</p>
</div>
<div id="sdfootnote25">
<p><a href="#sdfootnote25anc" name="sdfootnote25sym"> (25)</a> Les plateformes dites “collaboratives” sont le plus souvent de simples supports de mise en relation entre producteurs et consommateurs de services qu’ils coproduisent eux-mêmes (exemple du partage de véhicule) tout en fournissant une rente et des données au propriétaires de ces plateformes.</p>
</div>
<div id="sdfootnote26">
<p><a href="#sdfootnote26anc" name="sdfootnote26sym"> (26)</a> La notion de soutenabilité forte fait référence à deux approches du concept de développement durable. Une approche forte de la soutenabilité du développement implique de ne pas seulement considérer les impacts sociaux et écologiques de l’économie de façon relative à au niveau de production d’une activité, mais de façon absolue (si une activité triple sa production en diminuant seulement de moitié ses impacts, la résultante est en effet une augmentation d’impacts). Une autre condition de soutenabilité forte est de ne pas considérer qu’un mieux disant économique peut légitimer ou compenser une régression sociale ou un impact écologique.</p>
</div>
<div id="sdfootnote27">
<p><a href="#sdfootnote27anc" name="sdfootnote27sym"> (27)</a> Ce processus nécessite une organisation qui donne la possibilité à chaque membre de pouvoir contribuer à l’élaboration de ces savoirs, par la capacité à identifier et reconnaître les connaissances que chacun mobilise, quand bien même les sources de cette connaissance sont d’ordre expérientiel et ne correspondent pas à celles classiquement admises.</p>
</div>
<div id="sdfootnote28">
<p><a href="#sdfootnote28anc" name="sdfootnote28sym"> (28)</a> Ces projets sont envisagés comme des moyens de résolution de problèmes et conçus en articulant des phases d’analyse et de synthèse sous forme de scénarisation. Voir sur ce sujet la page 137 de Simondon, G. (2018). La résolution des problèmes. Presses Universitaires de France.</p>
</div>
<div id="sdfootnote29">
<p><a href="#sdfootnote29anc" name="sdfootnote29sym"> (29)</a> A ce titre, le travail collectif de délibération est partie intégrante du processus de capacitation : il fait naître de nouveaux savoirs non plus relatifs à une problématique de terrain particulière, mais à la façon de penser l’intégration des différents niveaux et enjeux de la cogestion territoriale.</p>
</div>
<div id="sdfootnote30">
<p><a href="#sdfootnote30anc" name="sdfootnote30sym"> (30)</a> Morlat, C. (2020). Système productif soutenable, de l’écodéveloppement au web contributif. ISTE éditions.</p>
</div>
<div id="sdfootnote31">
<p><a href="#sdfootnote31anc" name="sdfootnote31sym"> (31)</a> Combien est-ce qu’il en coûte réellement de s’engager dans une cogestion territoriale ? Quelle temporalité pour penser l’investissement ? Quels intérêts réciproques et points de monétisation indirects ? etc.</p>
</div>
<div id="sdfootnote32">
<p><a href="#sdfootnote32anc" name="sdfootnote32sym"> (32)</a> Stolowy, H., Ding, Y., &amp; Langlois, G. (2017). Comptabilité et analyse financière : une perspective globale. De Boeck Superieur.</p>
</div>
<div id="sdfootnote33">
<p><a href="#sdfootnote33anc" name="sdfootnote33sym"> (33)</a> On distingue à l’IRI trois types de catégories matérialisées par des “tags” : 1) les catégories thématiques spécifiques (ex : alimentation, logement), 2) les catégories relatives à une action ou action tags (ex : à envoyer à, à discuter, …), 3) les méta-catégories relatives à un jugement sur un contenu ou une proposition (ex : surlignage, trouble, commentaire, mots-clés, …),</p>
</div>
<div id="sdfootnote34">
<p><a href="#sdfootnote34anc" name="sdfootnote34sym"> (34)</a> Puig, V. (2017). Web herméneutique et production de savoir : l’approche des Digital Studies. Mélanges de la Casa de Velázquez. Nouvelle série, (47-2), 307-314.</p>
</div>
<div id="sdfootnote35">
<p><a href="#sdfootnote35anc" name="sdfootnote35sym"> (35)</a> Le revenu contributif est ainsi destiné à aider les personnes hors de l’emploi, ce qui peut aussi être entendu de façon large, comme correspondant par exemple à la situation d’étudiants &#8211; une réflexion sur ce point est menée actuellement par l’Association des Amis de la Génération Thunberg -, mais potentiellement aussi, et selon des conditions à définir localement, à la situation des salariés de certaines associations, PME ou entreprises d’insertion qui souhaiteraient s’impliquer dans les ateliers de capacitation hors de leur temps d’emploi.</p>
</div>
<div id="sdfootnote36">
<p><a href="#sdfootnote36anc" name="sdfootnote36sym"> (36)</a> Une des fonctions majeures de la comptabilité territoriale IGEC serait alors de permettre aux pouvoirs publics d’interpréter depuis un niveau plus macro les influences des transformations locales opérées grâce à l’atelier de capacitation, afin de susciter leur envie d’investir dans le développement de cette intelligence collective.</p>
</div>
<div id="sdfootnote37">
<p><a href="#sdfootnote37anc" name="sdfootnote37sym"> (37)</a> Ces délibérations réunissent principalement la puissance publique, les représentants syndicaux &#8211; salariés et patronaux -, les associations de salariés, les acteurs de l’ESS, les associations éducatives, etc.</p>
</div>
<div id="sdfootnote38">
<p><a href="#sdfootnote38anc" name="sdfootnote38sym"> (38)</a> Il peut en effet être établi selon les cas qu’un habitant commence par une phase de capacitation pour ensuite valoriser les savoirs acquis lors d’une phase d’emploi intermittent, ou bien l’inverse.</p>
</div>
<div id="sdfootnote39">
<p><a href="#sdfootnote39anc" name="sdfootnote39sym"> (39)</a> Nous utilisons pour cela particulièrement le modèle comptable CARE-TDL, voir Rambaud, A. (2015). Le modèle comptable CARE/TDL : une brève introduction (No. hal-01253482)</p>
</div>
<div id="sdfootnote40">
<p><a href="#sdfootnote40anc" name="sdfootnote40sym"> (40)</a> Hess, C. (2015). Communs de la connaissance, communs globaux et connaissance des communs. Dans Benjamin Coriat et al., Le retour des communs. La crise de l&rsquo;idéologie propriétaire, Éditions Les Liens qui libèrent.</p>
</div>
<div id="sdfootnote41">
<p><a href="#sdfootnote41anc" name="sdfootnote41sym"> (41)</a> 430000 habitants dans la banlieue nord de Paris, département de Seine-Saint-Denis.</p>
</div>
<div id="sdfootnote42">
<p><a href="#sdfootnote42anc" name="sdfootnote42sym"> (42)</a> Dans le cadre d’une recherche contributive, chercheurs académiques, habitants et autres acteurs du territoire se côtoient dans le cadre des ateliers de capacitation au sein desquels ils développent ensemble des savoirs, tant et si bien que les habitants et acteurs du territoire deviennent eux aussi des chercheurs. Voir sur ce sujet le chapitre 5 Rapport Jules-Ferry 3.0 du Conseil National du Numérique : Pène, S., Abiteboul, S., Balagué, C., Blecher, L., Bloch-Pujo, N., Briand, M., &#8230; &amp; Peugeot, V. (2014). Jules Ferry 3.0, Bâtir une école créative et juste dans un monde numérique ; et plus récemment le chapitre 4 de Stiegler, B., et al. (2020). Bifurquer, Les Liens qui Libèrent.</p>
</div>
<div id="sdfootnote43">
<p><a href="#sdfootnote43anc" name="sdfootnote43sym"> (43)</a> La “clinique contributive” est un atelier de capacitation constitué avec le centre de PMI (centre de protection maternelle et infantile) Pierre Sémard, des chercheurs et des parents. Fonctionnant depuis novembre 2018, il développe des savoirs pour contrer l’usage non maîtrisé des écrans (tablettes, smartphones, etc.) dont la toxicité est grande pour les nourrissons et les jeunes enfants.</p>
</div>
<div id="sdfootnote44">
<p><a href="#sdfootnote44anc" name="sdfootnote44sym"> (44)</a> Les ateliers de capacitation UNEJ (Urbanités Numériques en Jeux) ont été initiés par l’IRI avec le Rectorat de l’Académie de Créteil. Ils réunissent de nombreux partenaires dont le cabinet O’zone Architectures, la Solidéo, le groupe Caisse des Dépôts, le Département de la Seine-Saint-Denis et le Comité Olympique du 93 et accompagnent des collégiens et lycéens du département ainsi que leurs professeurs pour qu’ils imaginent ensemble, à l’aide d’outils numériques (le jeu Minetest), l’avenir du quartier d’habitation issu de la reconversion du futur village olympique.</p>
</div>
<div id="sdfootnote45">
<p><a href="#sdfootnote45anc" name="sdfootnote45sym"> (45)</a> Un partenariat avec l’association Halage, qui dans le cadre de parcours d’insertion met en œuvre des projets d’horticulture urbaine, de “recyclage” de terres issues des projets d&rsquo;aménagement, et de médiation culturelle autour des problématiques écologiques, permet de développer des savoirs relatifs à une économie circulaire de la terre, et de concevoir comment un IGEC territorial pourrait rendre compte des bienfaits de cette économie pour le territoire.</p>
</div>
<div id="sdfootnote46">
<p><a href="#sdfootnote46anc" name="sdfootnote46sym"> (46)</a> Le portail contributif ePLANETe proposé par l’association ePLANETe.Blue offre la possibilité de construire une représentation partagée des expressions subjectives de jugements portés par différents groupes d&rsquo;acteurs contributeurs à ou concernés par un projet de territoire ; de disposer à la fois d&rsquo;une représentation synthétique de l’ensemble des points de vue et d&rsquo;une « plongée » dans le détail des points de vue de chacun ; de co-construire un référentiel commun d&rsquo;évaluation normative (et un algorithme associé) ; et de structurer collectivement un système d&rsquo;information ad-hoc organisé autour d&rsquo;un répertoire d&rsquo;indicateurs produits par les acteurs du territoire.</p>
</div>
<div id="sdfootnote47">
<p align="left"><a href="#sdfootnote47anc" name="sdfootnote47sym"> (47)</a> La plateforme de veille Curebot proposé par EspritsCollaboratifs permet de mieux gérer l’information et de collaborer facilement autour de sujets d’intérêt partagés. Il s’agit d’un outil conçu un usage en mobilité et de façon à rendre veille et collaboration indissociable : à partir de les sources internes et externes à une organisation, les acteurs peuvent mutualiser la collecte, la capitalisation et la diffusion des savoirs.</p>
</div>
<div id="sdfootnote48">
<p><a href="#sdfootnote48anc" name="sdfootnote48sym"> (48)</a> <a href="https://www.iri.centrepompidou.fr/category/outils">https://www.iri.centrepompidou.fr/category/outils</a></p>
</div>
<div id="sdfootnote49">
<p><a href="#sdfootnote49anc" name="sdfootnote49sym"> (49)</a> Séminaire sur l’investissement à l’ère de l’Anthropocène co-organisé avec la Caisse des Dépots</p>
</div>
<div id="sdfootnote50">
<p><a href="#sdfootnote50anc" name="sdfootnote50sym"> (50)</a> <a href="https://www.iri.centrepompidou.fr/category/projets">https://www.iri.centrepompidou.fr/category/projets</a></p>
</div>
<div title="footer">
<p align="right">
</div>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/imaginaire-communs/economie-de-la-contribution-et-gestion-des-biens-communs/">Économie de la contribution et gestion des biens communs</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Loot : l&#8217;application qui facilite les répartitions financières dans les collectifs</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/actualites/loot-lapplication-qui-facilite-les-repartitions-financieres-dans-les-collectifs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[heleneflodrops]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Jan 2021 17:43:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communs]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://anis-catalyst.org/?p=232728</guid>

					<description><![CDATA[<p>ANIS-Catalyst expérimente LOOT !</p>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/actualites/loot-lapplication-qui-facilite-les-repartitions-financieres-dans-les-collectifs/">Loot : l&rsquo;application qui facilite les répartitions financières dans les collectifs</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>ANIS-Catalyst expérimente LOOT !</p>
<p>ANIS-Catalyst fonctionne sur un modèle contributif et ses membres peuvent choisir de se rémunérer (voir notre article au sujet des <a href="https://anis-catalyst.org/gouvernance/bilan-de-notre-premiere-tentative-de-cobudget/">budgets contributifs</a>). Jusqu&rsquo;ici le collectif effectuait le suivi de ces rémunérations via un bon vieux tableur, mais voilà que désormais il dispose d&rsquo;un outil bien plus pertinent pour cela : LOOT.</p>
<p>Reprenons brièvement depuis le début ! Un collectif travaille sur le développement d&rsquo;un commun, il dispose pour cela d&rsquo;une enveloppe budgétaire dans laquelle chacun.e vient piocher librement (auto-rémunération déterminée par différents critères qui peuvent être : le temps passé, le budget global, les besoins financiers du contributeur&#8230;). Pour que le système fonctionne, il faut qu&rsquo;il soit transparent et donc que chacun.e puisse indiquer en temps réel l&rsquo;argent qu&rsquo;il/elle souhaite recevoir pour telle ou telle tâche. Et c&rsquo;est là que LOOT intervient : l&rsquo;application mobile, accessible à partir d&rsquo;un navigateur web permet aux collectifs de suivre et partager les contributions et leurs rétributions.</p>
<p>Chaque membre dispose d&rsquo;un compte d&rsquo;accès à partir duquel il peut rejoindre les budgets des projets auxquels il contribue et indiquer ses propres contributions et rétributions, mais également visualiser toutes les contributions et rétributions effectuées au sein du collectif.</p>
<p>Initié au sein d&rsquo;ANIS-Catalyst, ce projet a été financé par l&rsquo;association en partie grâce au soutien de la Métropole Européenne de Lille. Si le logiciel est encore « jeune », le développement va se poursuivre en 2021 au fur et à mesure qu&rsquo;il commence à être déployé au sein de plusieurs collectifs.</p>
<p>Le logiciel est placé sous licence AGPL et le coude source est disponible sur Gitlab : <a href="https://gitlab.com/loot-project/loot-app/">https://gitlab.com/loot-project/loot-app/</a></p>
<p>Plus d&rsquo;infos sur le guide de l&rsquo;outil LOOT : <a href="https://loot-project.gitlab.io/userguide">https://loot-project.gitlab.io/userguide</a></p>
<p>Si vous vous lancer dans un test ou une installation, faites-nous signe, nous serions heureux de savoir comment vous en faites usage !</p>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/actualites/loot-lapplication-qui-facilite-les-repartitions-financieres-dans-les-collectifs/">Loot : l&rsquo;application qui facilite les répartitions financières dans les collectifs</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
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		<title>#anisé 3 &#8211; La dépendance psychologique au numérique au moulin de Wazemmes.</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/anise/anise-3-la-dependance-psychologique-au-numerique-au-moulin-de-wazemmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[nicolas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2020 17:59:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Anisé]]></category>
		<category><![CDATA[évènement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Être accro aux réseaux sociaux, est-ce possible ? Scroller à longueur de journée ses comptes Facebook, TikTok, Instagram ou Twitter  est-ce grave ? Quelle est la frontière entre la simple curiosité, la détente ou l&#8217;acte complusif. Quand est-on vraiment accro ? Quelles peuvent être les conséquences ? Que signifie être « nomophobe » ? Comment réagir lorsque l&#8217;on [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Être accro aux réseaux sociaux, est-ce possible ? Scroller à longueur de journée ses comptes <strong>Facebook</strong>, <strong>TikTok</strong>,<strong> Instagram</strong> ou <strong>Twitter  </strong>est-ce grave ? Quelle est la frontière entre la simple curiosité, la détente ou l&rsquo;acte complusif. Quand est-on vraiment accro ? Quelles peuvent être les conséquences ? Que signifie être « <a href="https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=nomophobie">nomophobe</a> » ? Comment réagir lorsque l&rsquo;on pense que son fils ou un adolescent de son entourage passe plus de temps sur son portable à partager des vidéos, qu&rsquo;à avoir une vraie vie sociale. De très nombreuses questions que l&rsquo;on avait avec <span style="font-weight: 400"><strong>Maroin</strong> <strong>Aldandachi</strong> et </span><span style="font-weight: 400">que l&rsquo;on souhaitait aborder dans une ambiance conviviale avec les participants et l&rsquo;aide d&rsquo;un étudiant en psychologie à Rouen <strong>Simon Heilles. </strong></span></p>
<h3>Du simple partage à l&rsquo;addiction</h3>
<p><span style="font-weight: 400">C&rsquo;est un phénomène somme toute assez récent et que l&rsquo;on a encore peu de mal à identifier, mais oui notre téléphone peut nous rendre dépendant, notre vie sur les réseaux sociaux peut largement interférer sur notre vie sociale. On ne peut pas le nier, on constate tous autour de nous de plus en plus de pollution numérique et son impact social ne cesse de croître. Le simple fait, que la première chose que beaucoup de gens font dès le réveil, c’est de se connecter à Facebook démontre l&rsquo;ampleur du phénomène. On est tous sur Facebook, il est presque aujourd&rsquo;hui impossible de ne pas y être pour garder contacts avec des amis et partager ses passions, mais cela peut très vite virer à l&rsquo;addiction, sans s&rsquo;en rendre compte, on regarde notre smartphone </span><span style="font-weight: 400">le matin, le midi, le soir, et même la nuit parfois. </span></p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-232709" src="https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2020/11/image-5-300x169.png" alt="" width="300" height="169" srcset="https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2020/11/image-5-300x169.png 300w, https://anis-catalyst.org/wp-content/uploads/sites/48/2020/11/image-5.png 400w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Dépendance au numérique- binch-watching</p>
<h3>Un évèment pour être plus conscient des risques sans diabolisation.</h3>
<p><span style="font-weight: 400">Nous étions près de 20 personnes à s&rsquo;être réuni le <b>17 octobre 2019 18h30-20h30 au moulin de Wazemmes </b>pour échanger et partager des expériences. </span><span style="font-weight: 400">La soirée a été animée par <strong>Maroin Aldandachi</strong> et <strong>Julien Lecaille</strong> avec le support de <strong>Simon Heilles</strong> blogueur et étudiant en psychologie à Rouen, qui nous a offert ses éclairages. Il publie sur son blog </span><a href="http://www.denem.org/"><span style="font-weight: 400">www.denem.org</span></a><span style="font-weight: 400">, vous pouvez y retrouver sa présentation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Tous les participants étaient très réceptifs, bien conscient de l&rsquo;impact des réseaux sociaux sur leur vie et du danger d&rsquo;être accro, en particulier pour les adolescents. </span><span style="font-weight: 400">Notre évènement avait pour objectif justement de trouver ou du moins réfléchir à des pistes d’action pour améliorer notre rapport aux réseaux sociaux. les discussions ont permis d&rsquo;aborder librement ces enjeux et de prendre en compte l&rsquo; impact négatif sur les utilisateurs et leur santé mentale. </span></p>
<p>Pour rappel, Les <a href="https://anis-catalyst.org/actualites/anise-2-blockchain-et-culture/">ANISés</a> sont des temps ouverts et sympathiques d’échanges autour des enjeux du numérique.</p>
<h3><span style="font-weight: 400">Pour aller plus loin : </span></h3>
<p><span style="font-weight: 400">je vous invite à découvrir un documentaire sur Arte intitulé “ </span><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/085801-002-A/dopamine/"><span style="font-weight: 400">Dopamine</span></a><span style="font-weight: 400">” (réalisation : Léo Favier) mettant justement en perspective notre addiction aux réseaux sociaux, à travers des témoignages et la compréhension des technologies. </span></p>
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		<title>Bilan de notre première tentative de Cobudget</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/gouvernance/bilan-de-notre-premiere-tentative-de-cobudget/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[heleneflodrops]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2020 17:25:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communs]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://anis-catalyst.org/?p=232686</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 2019 ANIS-Catalyst a réalisé un premier test sur Cobudget, un outil qui permet de décider collectivement de l’attribution des fonds financiers dans un groupe.</p>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/gouvernance/bilan-de-notre-premiere-tentative-de-cobudget/">Bilan de notre première tentative de Cobudget</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette expérimentation Cobudget devait nous permettre de déterminer les projets de l’année ainsi que les fonds dédiés à chacun d’entre eux. Ayant déjà eu l’occasion d’apprivoiser l’outil sur un budget réduit quelques mois plus tôt, nous partions confiants sur cette nouvelle aventure, mais cela s’est avéré plus compliqué que prévu ! Ce premier volet aura eu le mérite de soulever tout un tas de questions intéressantes et de nous préparer pour la suite. Vous trouverez ci-dessous un bilan de notre première expérimentation.</p>
<h2>Concrètement, comment fonctionne Cobudget ?</h2>
<p><a href="https://cobudget.co">Cobudget</a> est un outil en ligne qui permet à des collectifs de flécher des budgets de manière transparente et démocratique. Les participant.e.s peuvent proposer des projets et décider lesquels seront financés, devenant ainsi partie prenante de la répartition des fonds de la structure dans laquelle ils opèrent.</p>
<p>Un Cobudget s’effectue en plusieurs étapes :</p>
<ul>
<li>Création d’un espace dédié sur la plateforme et envoi d’une invitation aux membres du collectif.</li>
<li>Dépôt des projets par les participant.e.s avec pour chacun d’entre eux, description et budget prévisionnel détaillé.</li>
<li>Échanges éventuels autour des projets.</li>
<li>Chaque projet devient un “Bucket”, soit un pot à financer.</li>
<li>Chaque participant.e reçoit une enveloppe financière à répartir entre les différents Buckets générés.</li>
<li>Clotûre du Cobudget (soit fixé à une date en amont, soit lorsque tous les fonds distribués aux participant.e.s ont été épuisés).</li>
</ul>
<p>Voir la vidéo <a href="https://www.loom.com/share/b4d26448e1fc4d3bbf1015344e88291d">d’introduction à Cobudget de Francesca Pick</a> pour plus d’infos.</p>
<h2>Bilan du premier Cobudget ANIS-Catalyst</h2>
<p><strong>Avant d’expérimenter Cobudget sur un budget conséquent, l’équipe de contributeurs avaient déjà eu l’occasion de tester l’outil sur un budget réduit.</strong> En effet, en octobre 2018, le Collectif Catalyst disposait d’un solde budgétaire et les membres du collectif se questionnaient sur la façon de le répartir. Nous avions déjà entendu parler de Cobudget et en avions eu de très bons retours, aussi avons-nous choisi cet outil afin de déterminer quels projets allaient bénéficier des fonds à notre disposition. <strong>Cette expérimentation a été réalisée sur une somme de quelques milliers d’euros et sur un temps rapide de deux semaines</strong> : la première était dédiée aux choix des projets qui allaient être concernés par l’exercice, la seconde aux versements des fonds dans les buckets, chaque membre allouant ainsi la part qui lui a été remise aux projets qu’il.elle souhaite voir réaliser/poursuivre.<br />
<strong>Cette expérience s’est déroulée de manière très fluide, notamment parce que l’enveloppe globale couvrait quasiment les budgets nécessaires pour l’ensemble des buckets, générant ainsi peu de tension entre les projets</strong> (<a href="https://www.loomio.org/d/eKMCoqAD/suites-de-l-exp-rimentation-cobudget-anis">voir le bilan plus détaillé en ligne</a>).</p>
<p><strong>Quelques mois plus tard, le collectif décide de poursuivre l’expérimentation à plus grande échelle et sur l’ensemble du budget ANIS-Catalyst pour 2019</strong>, afin de décider collectivement des projets qui seront réalisés sur l’année à venir et établir le budget prévisionnel de la structure. Les membres du collectif ayant pu se familiariser avec l’outil et ses concepts, <strong>nous nous attendions à ce que l’expérience se déroule sans accroc, mais ce Cobudget a soulevé pas mal de questionnements et de problèmes dont vous trouverez les détails ci-dessous.</strong></p>
<h3>En amont du Cobudget : définir l’enveloppe à attribuer</h3>
<p>Tout d’abord, l’association ANIS est une petite structure qui sert de socle administratif à plusieurs projets et qui fonctionne sur un modèle contributif depuis 2017. Sans rentrer dans les détails, si ce modèle comporte bien des avantages, il rend également plus difficile le suivi comptable (plus on est de fous, plus on rit, mais plus on cherche les factures aussi). Au fil des années nous avons mis en place des outils et process pour rendre plus fluide notre suivi comptable, néanmoins début 2019, <strong>calculer l’enveloppe disponible ainsi que les frais fixes de la structure nous a demandé un peu de travail</strong>. Une fois les chiffres établis, un Loomio nous a permis de décider la part fléchée vers ce Cobudget, et la part qui resterait comme fond de roulement de l’association.<br />
(voir : https://www.loomio.org/d/HOI6vDJV/niveau-minimum-du-fond-de-roulement-anis).</p>
<p><strong>En parallèle, l’appel à projets est lancé en avril 2019 et les contributeurs.trices disposent de quelques semaines pour rédiger descriptifs et budgets prévisionnels pour chaque projet.</strong><br />
Au total, 18 personnes participent à cette première expérimentation et 13 buckets sont créés. Nous avons fait le choix de dédier un bucket aux frais fixes (assurance, location, frais comptable, etc.) et un autre au budget contributif (NBP : lien vers article budget contributif).</p>
<h3>Ouverture du Cobudget</h3>
<p><strong>Début mai 2019 le Cobudget est lancé</strong> (https://cobudget.co/#/groups/1309?tab=buckets) et sont invités à y participer les contributeurs mais également les personnes gravitant dans notre écosystème.</p>
<p>Mi-mai, toutes les personnes qui ont répondu positivement à cette invitation se voient remettre une enveloppe d’argent virtuel au sein de la plateforme Cobudget qu’elles doivent redispatcher entre les projets ANIS-Catalyst.</p>
<p>Deux semaines plus tard le Cobudget est bouclé et il est temps d’en faire le bilan.</p>
<h3>Bilan et échanges suite au Cobudget</h3>
<p><strong>Ce Cobudget s’est nettement moins bien déroulé que le premier :</strong></p>
<ul>
<li>Il a été plus compliqué et plus long à mettre en place (plusieurs mois se sont écoulés entre la validation de la démarche (janvier) et la clôture du Cobudget (mai) ) ;</li>
<li>Seuls deux projets ont été financés à 100% ;</li>
<li>Presque 30% de l’enveloppe initiale n’a pas été distribuée par les participant.e.s ;</li>
<li>Si les frais fixes ont été couverts à 80%, ce n’est pas le cas du budget contributif qui n’a atteint que 30% du montant demandé.</li>
</ul>
<p><strong>Durant les temps d&rsquo;échanges qui ont suivi, nous avons élaboré des pistes concernant les raisons de cet échec :</strong></p>
<ul>
<li>A priori les règles du jeu n’étaient pas claires pour tout le monde : certain.e.s n’ont pas redistribué l’argent dont ils disposaient dans le temps imparti.</li>
<li>Trop de projets à financer et grandes disparités dans les projets, entre ceux qui étaient nécessaires à l’existence de la structure (frais fixes, budget contributif), ceux qui étaient déjà en cours (et parfois pour lesquels nous avions pris des engagements), ceux qui étaient encore en phase de réflexion etc.</li>
<li>Un Cobudget annuel nous oblige à définir en début d’année ceux sur quoi nous voulons travailler, or nous souhaitons garder une agilité.</li>
<li>Il existe une confusion entre budgets et projets : alimenter un bucket financièrement pour soutenir un projet ne signifie pas qu’on y met derrière du temps de contribution, qu’on souhaite prendre part activement à ce projet (soutiens mais pas acteurs). L’argent devient une unité de vote et plus une unité de financement.</li>
</ul>
<p><strong>Clairement donc, le résultat de ce Cobudget soulevait pas mal de questions, et par la suite nous avons, à tort, choisi de ne pas trancher et un flou s’est installé au sein du collectif quant à la légitimité de ce résultat.</strong> Or ce dernier a pu démobiliser des contributeurs dont les projets n’avaient pas été financés, sans pour autant que les projets financés de leur côté se réalisent.<br />
Par ailleurs certains projets déjà mis en oeuvre se sont poursuivis sans tenir compte du budget amputé par cet exercice, d’autres ont été lancés en trouvant leur légitimité dans des votes réalisés a posteriori (via <a href="https://www.loomio.org">Loomio</a> ou via un exercice de gommettes).<br />
<strong>Au final, le budget ainsi que les projets réalisés sur l’année 2019 ne correspondent pas à ce qui avait été établi par le Cobudget.</strong></p>
<h3>Que faut-il retenir de tout cela ?</h3>
<p>Que Cobudget est un bon outil, mais que par définition il n&rsquo;est qu&rsquo;un moyen et implique que soient définis en amont :</p>
<ul>
<li><strong>Qu’est-ce qui est attendu de cet exercice ? -&gt; Définir les objectifs.</strong> <em>Par exemple dans notre cas, fixer un budget annuel s&rsquo;avère différent de définir les projets sur lesquels nous allons contribuer. Par ailleurs réaliser un Cobudget par an s&rsquo;articule mal avec notre volonté d&rsquo;expérimenter et d&rsquo;innover.</em></li>
<li><strong>Quelles sont les règles du jeu ? -&gt; Définir le cadre et les contraintes et s’assurer que l’ensemble des participant.e.s s’en emparent. </strong><em>Nous concernant nous avions fait le choix de ne pas définir quels projets seraient concerné par ce Cobudget et cela a généré pas mal de problèmes comme le non financement de projets déjà en cours de réalisation par exemple ou le non financement de projets pour lesquels nous étions déjà engagés auprès de financeurs.<br />
</em></li>
<li><strong>Comment on met en œuvre les résultats ? -&gt; Penser l’après, le suivi du Cobudget.</strong> <em>Nous avons mal géré la suite en laissant ce Cobudget de côté. Or il convient d&rsquo;épuiser l&rsquo;enveloppe initiale pour que le résultat soit pertinent (ce qui n&rsquo;a pas été le cas). En outre un suivi des projets après quelques mois nous aurait également permis de ré-investir les montants des projets qui n&rsquo;auraient pas vu le jour malgré un financement dans Cobudget.</em></li>
</ul>
<p>Cette première expérimentation n’aura pas été complètement satisfaisante, mais elle nous aura montré le chemin. Pour notre prochain Cobudget en 2021, nous intégrerons une phase de préparation plus importante en amont et un suivi de réalisation des projets par la suite afin de pouvoir corriger le tir le cas échéant.<br />
Si l’outil vous intéresse, vous trouverez bientôt en ligne sur notre blog un article de conseils pour bien vous préparer à son utilisation au sein de votre collectif !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Sources</strong> :</p>
<ul>
<li><a href="https://guide.collaborativefunding.org/basics/introduction">How to run a kick-ass Cobudget round ?</a></li>
<li>Image liée : logo de Cobudget et illustration d&rsquo;un Cobudget round développé par <a href="https://enspiral.com/">Enspiral</a></li>
</ul>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Chez ANIS-Catalyst, on s’auto-rémunère grâce au budget contributif !</title>
		<link>https://anis-catalyst.org/communs/chez-anis-catalyst-on-sauto-remunere-grace-au-budget-contributif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[heleneflodrops]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2020 09:47:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communs]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://anis-catalyst.org/?p=232659</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les personnes qui contribuent aux projets d’ANIS-Catalyst choisissent elle-même la rémunération qu’elles vont percevoir pour leur travail. On vous explique comment notre collectif fonctionne grâce au budget contributif et comment on l’a mis en place !</p>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/communs/chez-anis-catalyst-on-sauto-remunere-grace-au-budget-contributif/">Chez ANIS-Catalyst, on s’auto-rémunère grâce au budget contributif !</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De la création de l’association en 2001 jusqu’en 2017, l’association employait une salariée et fonctionnait grâce au soutien d’une équipe de bénévoles, en particulier lors de l’organisation de son temps fort annuel, les ROUMICS. <strong>A partir de 2017,</strong> au vu des liens de plus en plus étroits avec le collectif Catalyst, de l’évolution du positionnement d’ANIS, de sa gouvernance et du basculement vers une organisation ouverte et collaborative, <strong>la structure décide d’expérimenter le budget contributif.</strong> L’objectif est notamment de <strong>valoriser et pérenniser les contributions</strong> jusqu’alors non rémunérées, et donc de <strong>sortir de la dichotomie salariés / bénévoles</strong>. La mise en place a été <strong>progressive</strong> : le budget contributif a d’abord concerné certains projets (l’organisation des ROUMICS en 2015 par exemple) pour s’étendre progressivement à l’ensemble du budget de la structure<span id='easy-footnote-1-232659' class='easy-footnote-margin-adjust'></span><span class='easy-footnote'><a href='https://anis-catalyst.org/communs/chez-anis-catalyst-on-sauto-remunere-grace-au-budget-contributif/#easy-footnote-bottom-1-232659' title='pour plus de détails sur l’évolution de la gouvernance au sein d’ANIS et le passage au modèle contributif voir l’article de Pierre Trendel – Imaginaire Communs, Cahier Catalyst 1 (publication à venir)'><sup>1</sup></a></span>.</p>
<p>A cette époque, ANIS et le Collectif Catalyst travaillent déjà depuis plusieurs années sur les communs et les modèles contributifs (voir notamment <a href="http://roumics.com/les-roumics/biens-communs/">ROUMICS BIENS COMMUNS</a>) et les personnes qui évoluent et travaillent dans notre écosystème connaissent bien le fonctionnement du budget contributif, au moins en théorie. <strong>Après cinq ans de pratique, qu’avons-nous appris ?</strong></p>
<h2>Qu’est-ce qu’un budget contributif et comment fonctionne-t-il ?</h2>
<p><strong>Un budget contributif est un outil de rétribution qui permet à un collectif de s’autogérer financièrement de façon transparente et démocratique.</strong> C’est un élément clé de l’économie des communs qui permet de créer une troisième voie entre le statut de salarié.e et celui de bénévole.<br />
Concrètement, le collectif dispose d’une enveloppe financière pour réaliser un projet, chaque membre réalise une partie des tâches et vient ensuite déterminer (a posteriori) la rémunération qu’il/elle souhaite se voir attribuer pour le travail effectué.</p>
<p><strong>La personne qui contribue détermine ainsi seule sa rémunération fonction de différents critères liés à :</strong></p>
<ul>
<li><strong>La tâche effectuée</strong> (temps et énergie investis, pénibilité de la tâche, compétences requises etc.)</li>
<li><strong>Les besoins financiers de l’individu</strong> qui réalise la tâche</li>
<li><strong>L’enveloppe globale liée au projet</strong> et le nombre de contributeurs qui y participent</li>
<li>et d’<strong>autres critères personnels divers</strong> (sentiment de légitimité, motivation à voir aboutir le projet, rétributions symboliques par ailleurs, etc.).</li>
</ul>
<p>Elle rend ensuite publique sa rémunération auprès du collectif qui peut ainsi régulariser au besoin (à la baisse ou à la hausse).</p>
<h2>Qu’est-ce que présuppose la mise en place d’un budget contributif ?</h2>
<p>Bon tout d’abord évidemment il faut un budget dédié à un projet et un collectif de contributeurs motivés par ce projet (ni l’un ni l’autre ne sont une mince affaire, nous en convenons. Mais la gestion collective d’une enveloppe financière donnée ne l’est pas moins !).</p>
<p>Ensuite, pour que cela fonctionne, il faut :</p>
<ul>
<li><strong>Que le travail collaboratif soit organisé et outillé</strong>. Les contributeurs ont accès aux ressources de la structure en ligne, ils disposent d’outils pour échanger et organiser les tâches (listes mails, cloud, journal de bord, Trello etc.)</li>
<li><strong>Que les contributions soient libres, à savoir qu’il n’existe pas dans le collectif de rapport hiérarchique.</strong> Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de tâches de coordination / d’organisation du travail collectif, mais les membres sont libres de choisir ce sur quoi va porter leur contribution au projet.</li>
<li><strong>Que la rémunération puisse être autodéterminée par les contributeurs a posteriori et soit réalisée de manière transparente.</strong> Chez ANIS par exemple, on utilise un simple tableur en ligne où chacun.e vient inscrire la rémunération qu’il/elle s’est attribué.e toutes les semaines.</li>
<li><strong>Que les contributeurs qui souhaitent être rémunérés disposent d’un statut leur permettant de facturer la structure</strong> (Auto-Entreprise, CAE (citons notamment <a href="https://www.opteos.fr/">OPTEOS</a> qui a permis à bon nombre de contributeurs de trouver un statut adapté à leur activité et leurs valeurs), auteur, micro-entreprise&#8230;)</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Qu’est-ce qu’on constate après plusieurs années d’expérimentation ?</h2>
<p>Tout d’abord, et bien que ça marche !<br />
L’association ANIS tourne toujours, les projets ainsi que les travaux de recherche et expérimentations sur l’innovation sociale et numérique et les communs se poursuivent en lien avec Catalyst.</p>
<p><strong>Et par ailleurs, voici ce que nous avons pu constater :</strong></p>
<ul>
<li><strong>Une réelle motivation,</strong> d’une part parce que les contributeurs choisissent librement les missions qu’ils vont prendre en charge, d’autre part parce qu’ils peuvent décider de se rémunérer pour ces dernières. Le budget contributif permet d’investir plus de temps que le bénévolat parce qu’il n’entre pas en concurrence à 100 % avec une autre activité rémunérée, il permet de générer un revenu.</li>
<li><strong>Un lien de confiance renforcé</strong> entre les membres du collectif permis par la transparence au niveau des contributions et des rémunérations.</li>
<li><strong>Un questionnement individuel et collectif</strong> sur le rapport à l’argent, la valeur du travail, la légitimité de chacun.e à agir et participer au projet.</li>
<li><strong>Des projets initiés par des membres peuvent potentiellement voir le jour plus facilement,</strong> dans la mesure où le porteur de projet sait qu’il pourra bénéficier d’une rémunération pour le temps investi.</li>
</ul>
<p><strong>Cependant, la mise en place d’un système de rémunération sain dans un collectif prend du temps, notamment parce qu’elle demande une acculturation importante des membres à ce modèle.</strong> Déclarer de fait une enveloppe financière ouverte dans lequel les contributeurs peuvent piocher librement ne suffit pas à ce que ces derniers s’en emparent. Typiquement, le premier budget contributif chez ANIS (organisation des ROUMICS sur la transition en 2015) a été très peu concluant. Le budget dédié à cette expérimentation a été très peu utilisé par les contributeurs, l’autorémunération de contributions jusqu’alors bénévoles représentant sans doute un changement trop important pour se faire d’un claquement de doigts. L’utilisation du budget contributif implique également pour les membres un passage à l’échelle : à titre personnel par exemple, j’ai maintenu mon investissement bénévole pendant plusieurs années après le lancement du budget contributif, estimant que le volume horaire réalisé n’était pas suffisant pour justifier la création d’un statut adapté.</p>
<p><strong>Par ailleurs, piocher dans un budget contributif présuppose que l’individu se confère la légitimité pour le faire.</strong> Or on sait bien que l’égalité de droit ne signifie pas équité de faits, que selon leurs origines sociales, âge, genre etc., les membres du collectif perçoivent différemment la valeur de leur travail. <strong>D’où la nécessité d’avoir des temps réguliers d’échanges sur ces questions entre les membres afin de régulariser les rémunérations.</strong></p>
<p><strong>Enfin, certaines missions soumises à des contraintes fortes (de temps, de production) peuvent ne pas facilement se concilier avec un fonctionnement contributif ouvert et un budget contributif dédié</strong>. Des contraintes trop lourdes peuvent en effet démotiver les contributeurs, et il se peut également que le collectif ne dispose pas des compétences nécessaires pour les prendre en charge alors qu’elles sont indispensables au fonctionnement de la structure ou du projet. Chez ANIS par exemple nous avons rapidement délégué la gestion de la comptabilité à une structure externe, chez OPTEOS la gestion administrative est réalisée par des salariées.</p>
<h2>Une expérimentation prometteuse</h2>
<p><strong>Le budget contributif est un outil clé de répartition financière dans les collectifs. Les premières années d’expérimentation au sein d’ANIS sont probantes et nous poussent à continuer sur cette voie.</strong> Nos objectifs pour les années à venir : développer des outils spécifiques (notamment <a href="https://loot-project.gitlab.io/userguide/doc/about/index.html">LOOT</a>), recruter de nouveaux contributeurs au sein du collectif et accompagner les structures qui souhaiteraient fonctionner sur ce modèle.</p>
<p>Notez qu’une étude est actuellement en cours de réalisation sur les expérimentations de budgets contributifs dans différentes structures de l’écosystème, dont ANIS qui permettra d’approfondir l’analyse (voir : “<a href="https://movilab.org/wiki/Probl%C3%A9matiques_de_recherche_sur_les_mod%C3%A8les_contributifs_et_les_nouvelles_formes_de_structuration_du_travail_dans_les_%C3%A9cosyst%C3%A8mes_collaboratifs.">Problématiques de recherche sur les modèles contributifs et les nouvelles formes de structuration du travail dans les écosystèmes collaboratifs</a>.”).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Ressources qui ont permis la rédaction de cet article, à consulter pour aller plus loin :</strong></p>
<ul>
<li>Corémuration sur Movilab : <a href="https://movilab.org/wiki/Coremuneration">https://movilab.org/wiki/Coremuneration</a></li>
<li>Vivre des communs, présentations : <a href="https://www.dropbox.com/s/sdallx5cz0cpet4/presentation_communs_projection.pdf?dl=0">https://www.dropbox.com/s/sdallx5cz0cpet4/presentation_communs_projection.pdf?dl=0</a></li>
<li>Financement et rétribution dans les communs : <a href="https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Financement_et_r%C3%A9tribution_dans_les_communs">https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Financement_et_r%C3%A9tribution_dans_les_communs</a></li>
<li>Etude en cours sur les budgets contributifs : <a href="https://movilab.org/wiki/Probl%C3%A9matiques_de_recherche_sur_les_mod%C3%A8les_contributifs_et_les_nouvelles_formes_de_structuration_du_travail_dans_les_%C3%A9cosyst%C3%A8mes_collaboratifs">https://movilab.org/wiki/Probl%C3%A9matiques_de_recherche_sur_les_mod%C3%A8les_contributifs_et_les_nouvelles_formes_de_structuration_du_travail_dans_les_%C3%A9cosyst%C3%A8mes_collaboratifs.</a></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dessin d&rsquo;illustration : <a href="https://www.facebook.com/libessartlaurent">Laurent Libessart </a></p>
<p>L’article <a href="https://anis-catalyst.org/communs/chez-anis-catalyst-on-sauto-remunere-grace-au-budget-contributif/">Chez ANIS-Catalyst, on s’auto-rémunère grâce au budget contributif !</a> est apparu en premier sur <a href="https://anis-catalyst.org">ANIS Catalyst</a>.</p>
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			</item>
	</channel>
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